Le Premier ministre britannique Keir Starmer pourrait annoncer dès ce lundi 22 juin le calendrier de son départ de la tête du gouvernement, rapportent The Observer et The Telegraph, citant plusieurs sources.
Selon ces journaux, Keir Starmer aurait conclu que sa position était devenue intenable, à l’issue d’une série de consultations avec de hauts ministres de son cabinet, des conseillers du parti, de grands donateurs et des dirigeants syndicaux. Un interlocuteur de The Observer au sein du Parti travailliste décrit un Premier ministre « résigné » à l’idée d’une démission : le soutien n’est plus là, et le maintien de la ligne actuelle est jugé intenable au sein du parti.
Keir Starmer passe le week-end à Chequers, la résidence officielle de campagne, en compagnie de son épouse Victoria, pour réfléchir à son avenir. D’après une source gouvernementale, le Premier ministre aurait pris conscience que « la partie est terminée » et chercherait désormais avant tout à préserver son héritage politique. À ce stade, ni Keir Starmer ni Downing Street n’ont confirmé l’information, et la situation demeure incertaine.
La pression monte au sein du cabinet
Selon The Telegraph, au moins cinq ministres du cabinet auraient exhorté en privé le Premier ministre à fixer la date de son départ, parmi eux la ministre des Transports Heidi Alexander, la cheffe du Foreign Office Yvette Cooper et la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood. Un député travailliste réputé loyal à Keir Starmer n’a pas exclu qu’une annonce sur la date de la démission intervienne dès le début de la semaine.
Tout le gouvernement ne partage cependant pas cet état d’esprit. Le ministre des Affaires et du Commerce Peter Kyle a rejeté l’idée selon laquelle le Premier ministre aurait perdu son autorité et ne serait plus en mesure d’exercer ses fonctions. Pour étayer son propos, il a évoqué le sommet du G7 des 15 au 17 juin, au cours duquel Keir Starmer s’est entretenu avec le Premier ministre indien Narendra Modi. D’après Peter Kyle, ce sont précisément ces rencontres qui ont permis de finaliser un accord commercial délicat avec l’Inde, un résultat qui, a-t-il souligné, ne s’obtient pas sans le respect des partenaires.
Qui pour succéder à Starmer
Le principal prétendant à la direction du parti, et potentiellement au poste de Premier ministre, serait le maire du Grand Manchester, Andy Burnham. Le 18 juin, il a remporté l’élection partielle de la circonscription de Makerfield avec près de 55 % des voix, faisant son retour au Parlement, ce qui en fait un candidat sérieux pour remplacer le chef du gouvernement en exercice. Selon The Telegraph, c’est précisément le succès d’Andy Burnham qui aurait provoqué un « mouvement notable » parmi les ministres et poussé Keir Starmer à revenir sur sa volonté de rester en poste.
Parmi les autres candidats potentiels à la direction du parti figurent Wes Streeting, David Lammy, Shabana Mahmood, Angela Rayner et Ed Miliband.
La montée d’une crise
La position de Keir Starmer s’est fragilisée après la déroute travailliste aux élections municipales de mai, où le parti a cédé une part importante des voix au parti de la droite populiste Reform UK de Nigel Farage, perdant plus d’un millier de sièges dans les conseils locaux. Sur fond de ces résultats, plus de 80 députés travaillistes ont appelé le Premier ministre à partir ou à fixer le calendrier de son départ.
La crise a été aggravée par une série de démissions au sein du gouvernement : en mai, le ministre de la Santé Wes Streeting a quitté le cabinet en critiquant vivement le leadership de Keir Starmer, puis, en juin, le ministre de la Défense John Healey a fait de même, invoquant des désaccords sur les dépenses militaires. Le tout se déroule dans un contexte de stagnation économique, de crise du coût de la vie et d’un sentiment de perte d’influence du pays sur la scène mondiale.
L’attention a également été attirée par le président américain Donald Trump, qui a écrit sur Truth Social que Keir Starmer allait démissionner, sans toutefois apporter la moindre preuve à l’appui de son affirmation.