Le conflit militaire dans le golfe Persique et la crise pétrolière et gazière qui en découle ont accéléré la transition de toute une série d’économies, non seulement vers les sources d’énergie renouvelables, mais aussi vers les biocarburants. Lorsque l’approvisionnement en pétrole classique est menacé, le biodiesel issu d’huiles végétales, de graisses animales et de graisses recyclées se transforme en un instrument de sécurité énergétique.
États-Unis
L’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a durci ses exigences en matière de carburants renouvelables pour 2026 et 2027 et envisage de relever à 15 % la part maximale d’éthanol dans le mélange de carburant. Selon les estimations retenues dans l’étude, une telle mesure pourrait, à brève échéance, accroître de 40 % la demande globale de biocarburants. Les prévisions de l’EPA elle-même confirment cette dynamique d’expansion : la production de biodiesel issu de la biomasse aux États-Unis devrait atteindre 17,9 millions de tonnes en 2026, puis grimper à 18,9 millions de tonnes en 2027.
Asie
Hors des États-Unis, le mouvement n’est pas moins soutenu. L’Inde accélère ses programmes d’utilisation obligatoire de biocarburants, tandis que les pays de l’ASEAN relèvent fortement leurs objectifs afin de réduire leur dépendance aux combustibles fossiles importés. Aujourd’hui, la plupart des stations-service indiennes vendent de l’essence contenant 20 % d’éthanol, mais le gouvernement entend aller plus loin : le ministère des Transports du pays a proposé d’autoriser la circulation de véhicules roulant avec un carburant dont la teneur en éthanol peut atteindre 85 %, voire fonctionnant entièrement à l’éthanol.
L’Asie du Sud-Est suit une logique comparable. L’Indonésie relève par voie législative la part du biodiesel à base d’huile de palme de 40 % à 50 %, tandis que la Malaisie a approuvé une transition progressive vers un carburant contenant 15 % de biodiesel.
Europe
Le marché allemand du biodiesel a affiché une solide dynamique en 2025. La consommation de ce carburant dans les mélanges a augmenté de 12 %, atteignant 2,2 millions de tonnes. À l’horizon 2030, une hausse jusqu’à 3 millions de tonnes est prévue.

Au cours des dernières décennies, la consommation mondiale de biocarburants a progressé en moyenne de 3,3 % par an, pour atteindre 211 millions de tonnes à l’issue de 2025. La production a suivi, atteignant 210 millions de tonnes, contre 143 millions de tonnes en 2015. Toutefois, en raison de la crise énergétique mondiale, le rythme de croissance pourrait s’accélérer jusqu’à 5 à 5,5 % par an, soit l’équivalent de 10,5 à 11 millions de tonnes supplémentaires chaque année. À l’échelle de la planète, les biocarburants remplacent déjà près de 4 millions de barils de pétrole classique par jour, et cette part ne cessera de croître.