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Zelensky a rappelé Zaloujny de Londres pour lui demander s’il comptait se présenter à la présidentielle

Zelensky a rappelé Zaloujny de Londres pour lui demander s’il comptait se présenter à la présidentielle

Volodymyr Zelensky a reçu à la résidence présidentielle de la rue Bankova, à Kyiv, Valeri Zaloujny — ex-commandant en chef des forces armées ukrainiennes, aujourd’hui ambassadeur d’Ukraine au Royaume-Uni. C’est ce que rapporte Ukrainska Pravda, citant des sources proches des deux participants.

Zaloujny avait été rappelé à Kyiv depuis Londres peu avant l’annonce de la démission du Premier ministre britannique Keir Starmer. Mais une fois ce sujet évoqué, Zelensky a orienté la conversation vers l’élection présidentielle ukrainienne.

Selon les sources du journal, le président a d’abord souligné que la situation sur le front évoluait plutôt positivement ces derniers temps, et que la société restait relativement soudée, ce qui ouvrirait une « fenêtre d’opportunité » pour organiser un scrutin. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’éviter toute fracture nationale, donc tout affrontement ouvert entre lui et Zaloujny. Le président a fini par poser la question directement : si l’élection avait lieu à l’automne, Zaloujny serait-il candidat ? La réponse, rapportée par les interlocuteurs d’Ukrainska Pravda, a été sans détour : « Oui. Je le serai. »

D’après ces mêmes sources, Zelensky était prêt à discuter avec Zaloujny de pratiquement n’importe quel poste d’État, mais après cette réponse, il n’a plus rien proposé. L’ex-commandant en chef a pour sa part expliqué qu’il n’avait jamais recherché de carrière politique, mais que beaucoup de gens plaçaient leurs espoirs en lui, et qu’il ne pourrait pas justifier de trahir cette confiance.

Peu après cet entretien, deux autres émissaires présidentiels : le secrétaire du Conseil de sécurité et de défense nationale Roustem Oumerov et le chef du groupe parlementaire présidentiel David Arakhamia, sont allés voir Zaloujny, resté à Kyiv. Ils ont repris les arguments de Zelensky sur le risque de fracture sociale, sans faire changer d’avis leur interlocuteur. En le quittant, ils lui ont tout de même lancé : « Frère, réfléchis encore. »

La cote de popularité de Zaloujny reste élevée, notent les journalistes, mais elle ne progresse plus au rythme observé juste après sa révocation du poste de commandant en chef, en février 2024. Dans le même temps, la cote d’un autre candidat potentiel capable de concurrencer Zelensky est en hausse : Kyrylo Boudanov, chef du bureau présidentiel.

Ces derniers jours, Zelensky a tenu une autre réunion, en présence de Boudanov, Oumerov, Arakhamia, ainsi que du vice-chef du bureau présidentiel Oleg Tatarov et du ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov. Il y a été question de l’opportunité même d’organiser une présidentielle, et le cas échéant, de sa date et de ses participants.

Selon Ukrainska Pravda, le président s’appuyait lors de cette discussion sur des sondages confidentiels réalisés en juin, qui ont pour la première fois enregistré une légère mais stable remontée de sa popularité, après des mois de baisse continue. Au premier tour, environ 33 % des électeurs déjà décidés se disaient prêts à voter Zelensky, contre 22 % pour Zaloujny et près de 14 % pour Boudanov. Mais au second tour, toujours selon ces sondages cités par les sources du journal, Zelensky perdrait face à Zaloujny (environ 32 % contre 37 %), alors qu’il l’emporterait face à Boudanov, mais de justesse.

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