Trump menace de « réduire l’Iran en cendres » si aucun accord de paix n’est signé. Téhéran annonce la fermeture du détroit d’Ormuz. Les États-Unis et l’Iran se frappent mutuellement pour le deuxième jour consécutif, rapprochant les deux parties d’une reprise de la guerre à grande échelle. Sur fond de cette nouvelle escalade, Téhéran a annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz, tandis que Donald Trump a menacé l’Iran de frappes encore plus puissantes s’il refusait de signer un accord avec Washington.
Une nouvelle vague de frappes américaines
Les États-Unis ont mené de nouvelles frappes contre l’Iran. Selon le Commandement central des forces armées américaines (CENTCOM), l’armée américaine a visé, « à titre de légitime défense », des moyens de renseignement et de surveillance militaires, des systèmes de communication et des sites de défense antiaérienne à travers tout le pays. D’après l’agence, les objectifs touchés « représentaient une menace pour les troupes américaines et pour les navires commerciaux internationaux », et ces frappes constituaient une « réponse à l’agression injustifiée et persistante de l’Iran ».
Les médias iraniens ont fait état d’explosions dans six secteurs du pays. Une source d’Axios au sein de l’administration américaine a précisé que toutes les cibles, systèmes de défense antiaérienne, stations radar et postes de commandement de drones, se trouvaient dans le sud de l’Iran. Selon un interlocuteur du Wall Street Journal, les frappes ont touché des dizaines de sites, notamment dans la zone du détroit d’Ormuz, sans toutefois atteindre les infrastructures civiles.
La riposte de Téhéran
L’Iran a répliqué par des frappes contre des bases américaines au Proche-Orient. Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a affirmé avoir touché 18 sites militaires américains, dont des bases aériennes américaines au Koweït et à Bahreïn, ainsi que la base de la Ve flotte de l’US Navy à Bahreïn. La partie iranienne assure en outre avoir frappé, pour le deuxième jour consécutif, la base aérienne d’Al-Azraq, en Jordanie.
Les autorités de Bahreïn ont indiqué que la défense antiaérienne du pays avait repoussé les frappes iraniennes. La défense antiaérienne s’est également déclenchée au Koweït.
La fermeture du détroit d’Ormuz
Après les frappes américaines, l’Iran a de nouveau annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz. Le Haut commandement militaire interarmées du pays a averti qu’il ouvrirait le feu sur tout navire qui tenterait de l’emprunter. Peu après, les médias iraniens ont rapporté que le feu avait été ouvert sur deux navires américains.
Le CENTCOM a démenti les informations faisant état tant d’une fermeture du détroit que de tirs ayant atteint des navires américains. Selon le Commandement central, malgré les menaces de Téhéran, les navires commerciaux continuent de traverser le détroit d’Ormuz.
Sur fond d’escalade, les prix du pétrole ont augmenté : les contrats à terme du Brent pour livraison en août ont progressé de 1,48 dollar (1,59 %), à 94,58 dollars le baril.
L’ultimatum de Trump
Le dirigeant américain a menacé l’Iran de frappes nouvelles et encore plus puissantes si Téhéran ne signait pas d’accord avec Washington. « Le président Donald Trump a dit que s’ils [les Iraniens] ne signaient pas d’accord avec les États-Unis, il les réduirait en cendres », a rapporté le correspondant de Fox News Trey Yingst après s’être entretenu avec le président américain. Selon Trump, lors de l’attaque du 10 juin, l’armée américaine a tiré 49 missiles Tomahawk sur l’Iran et engagé des chasseurs pour neutraliser les systèmes de défense antiaérienne.
Cet échange de frappes pour le deuxième jour consécutif a rapproché les deux parties d’une reprise de la guerre à grande échelle, note le New York Times. Ces nouvelles frappes constituent la menace la plus sérieuse pour la fragile trêve que Washington et Téhéran avaient conclue début avril, estime Reuters. L’escalade a débuté après le crash d’un hélicoptère militaire américain AH-64 Apache dans le détroit d’Ormuz : les États-Unis ont affirmé que l’appareil avait été abattu par l’Iran, mais Téhéran n’en a pas revendiqué la responsabilité.
Une guerre sans issue
La guerre des États-Unis contre l’Iran en est déjà à son quatrième mois. Les négociations de paix sont dans l’impasse — bien que Trump ait affirmé à de multiples reprises qu’un accord était proche (au moins 37 fois, selon le décompte de CNN). Pendant la durée de l’accord de cessez-le-feu, les deux parties ont d’ailleurs échangé des frappes à plusieurs reprises.
Avant ces nouveaux bombardements, le secrétaire à la Défense des États-Unis, Pete Hegseth, a tenté de présenter l’opération comme un moyen de contraindre l’Iran à la paix. Les frappes, selon lui, « servent l’avancement de nos intérêts militaires et renforceront notre position diplomatique ». « L’Iran a la possibilité de conclure un accord très avantageux. Mais ils n’ont pas voulu le faire. S’il nous faut négocier à coups de bombes, nous négocierons à coups de bombes. Ce soir, nous allons les frapper durement, et j’espère que l’Iran prendra la bonne décision », a déclaré Hegseth.
À la veille des nouvelles frappes, Trump a tenu une réunion en présence du vice-président J. D. Vance, du secrétaire d’État Marco Rubio, du directeur de la CIA John Ratcliffe, du chef d’état-major interarmées Dan Caine et de l’envoyé spécial Steve Witkoff. Selon des sources d’Axios, les participants ont notamment évoqué une opération de grande ampleur mais de courte durée contre l’Iran, destinée à faire pression sur Téhéran et à le forcer à modifier sa position dans les négociations. Les détails du plan n’ont pas été divulgués.