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La BCE relève ses taux pour la première fois en trois ans : l’Europe réagit à l’inflation provoquée par la guerre au Proche-Orient

La BCE relève ses taux pour la première fois en trois ans : l’Europe réagit à l’inflation provoquée par la guerre au Proche-Orient

Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs pour la première fois depuis septembre 2023. Le taux de dépôt a été augmenté de 25 points de base, passant de 2 % à 2,25 % ; le taux des opérations principales de refinancement a été porté à 2,4 %, et le taux de la facilité de prêt marginal à 2,65 %. Cette décision constitue une réponse directe au choc inflationniste provoqué par la guerre au Proche-Orient.

La BCE devient ainsi la première grande banque centrale à durcir sa politique monétaire en raison du choc énergétique déclenché par le conflit. À titre de comparaison, la Réserve fédérale américaine et la Banque d’Angleterre ont, pour l’heure, adopté une posture attentiste et évaluent les conséquences de la crise ; les réunions de ces deux institutions sont prévues la semaine prochaine.

L’inflation déborde du secteur énergétique

Commentant cette décision, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a averti que l’inflation déclenchée par la guerre ne se limite plus au secteur de l’énergie et commence à se diffuser à l’ensemble de l’économie. En mai, l’inflation annuelle dans la zone euro s’est accélérée pour atteindre 3,2 %, soit nettement au-dessus de la cible de 2 %. Dans le même temps, l’inflation sous-jacente (hors énergie et produits alimentaires) est montée à 2,5 %.

Christine Lagarde a tout particulièrement souligné que ce relèvement de taux n’a pas un caractère préventif : la BCE réagit à des effets inflationnistes déjà observables, et non à des risques futurs hypothétiques. Selon elle, le scénario le plus dangereux serait l’inaction : si l’on laissait l’inflation s’emballer et échapper à tout contrôle, il serait bien plus difficile de la ramener vers son niveau cible.

Dans son communiqué, le Conseil des gouverneurs indique que la guerre au Proche-Orient génère des pressions inflationnistes, et que la décision de relever les taux demeure « robuste » selon différents scénarios d’évolution du choc et de ses répercussions sur les perspectives à moyen terme de la zone euro.

Les prévisions

Parallèlement au relèvement des taux, la BCE a révisé ses prévisions. L’institution a relevé son estimation d’inflation pour 2026 à 3 % (contre 2,6 % dans la prévision de mars), anticipant un ralentissement à 2,3 % en 2027, puis un retour à la cible de 2 % d’ici 2028. Le principal facteur invoqué tient à des prix de l’énergie durablement élevés, qui se répercutent sur le coût de l’alimentation, des biens et des services.

À l’inverse, la prévision de croissance économique a été abaissée. La BCE table désormais sur une croissance de la zone euro de seulement 0,8 % en 2026, de 1,2 % en 2027 et de 1,5 % en 2028. Cette révision à la baisse s’explique par « un impact plus prononcé de la guerre sur les marchés des matières premières, les revenus réels et la confiance » des entreprises et des consommateurs.

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