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La Chine lance son « opération spéciale » dans les eaux à l’est de Taïwan. C’est une réponse au différend territorial avec le Japon et les Philippines. Ce qu’il faut savoir

La Chine lance son « opération spéciale » dans les eaux à l’est de Taïwan. C’est une réponse au différend territorial avec le Japon et les Philippines. Ce qu’il faut savoir

La Chine a choisi l’escalade dans ses relations avec le Japon et les Philippines : en réponse à l’accord conclu entre les deux pays sur la délimitation de leurs frontières maritimes, qui touche des zones situées à l’est de Taïwan que Pékin considère comme siennes, la RPC a envoyé dans la région plusieurs navires de patrouille en renfort des bâtiments de ses garde-côtes. À Pékin, ce déploiement est qualifié d’« opération spéciale » destinée à affirmer les revendications du pays sur les zones maritimes contestées.

Le 6 juin, la Chine a envoyé sa flottille dans les eaux à l’est de Taïwan. Les navires du ministère chinois des Transports patrouilleront la zone conjointement avec les bâtiments des garde-côtes, présents sur place depuis le début de la semaine, rapporte le journal South China Morning Post (SCMP).

Comme l’a rapporté le Quotidien du Peuple, organe du Parti communiste chinois, ce déploiement constitue une réponse au différend territorial avec le Japon et les Philippines, devenus une « source de problèmes » et une « menace pour la paix dans la région Asie-Pacifique ». Fin mai, les deux pays ont annoncé l’ouverture de négociations officielles visant à délimiter les frontières maritimes de leurs zones économiques exclusives (ZEE) et de leurs plateaux continentaux, susceptibles de chevaucher celles de Taïwan. Pékin a aussitôt qualifié ces négociations d’« illégales et nulles ».

La flottille se compose de quatre navires de grande taille. Elle est menée par le « Haixun 09 », premier navire de patrouille maritime du pays d’un déplacement de 10 000 tonnes, suivi par le service Marine Equipment & Government Vessel Information. Il est accompagné du navire de recherche hydrographique « Haixun 08 » (7 500 tonnes), ainsi que du navire de sauvetage hauturier « Haixun 06 » et du navire de sauvetage « Donghaijiu 113 », tous deux d’un déplacement de 5 000 tonnes. Ils viennent renforcer les bâtiments des garde-côtes, qui avaient annoncé dès le 1er juin le lancement de patrouilles dans les eaux à l’est de Taïwan.

Pékin présente officiellement ce déploiement comme une mesure de police de routine. L’agence d’État Xinhua a qualifié ces patrouilles de « mesure nécessaire » en réponse à l’annonce « unilatérale » par le Japon et les Philippines de négociations sur leur frontière maritime, laquelle « porte gravement atteinte » à la souveraineté et aux droits maritimes de la Chine. Selon la formulation de l’agence, l’opération vise à « exercer pleinement la juridiction administrative du pays en matière de police maritime » et à renforcer ses capacités de patrouille en haute mer et de contrôle du trafic des navires dans les eaux clés.

Les relations entre Pékin et Tokyo se détériorent depuis l’automne. Le tournant a été marqué par la déclaration, en novembre, de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, selon laquelle une attaque contre Taïwan pourrait provoquer une intervention militaire de Tokyo. Depuis, la rhétorique des deux parties n’a cessé de se durcir.

Parallèlement, le conflit entre Pékin et Manille s’envenime. Le différend territorial persistant en mer de Chine méridionale a déjà donné lieu à de fréquents affrontements entre les garde-côtes des deux pays. En mai, le président philippin Ferdinand Marcos a déclaré que Manille interviendrait en cas de conflit autour de Taïwan.

Le Japon et les Philippines, alliés des États-Unis, se rapprochent nettement en matière de sécurité. Lors de la récente visite de Marcos au Japon, les deux parties ont convenu d’entamer des négociations sur l’échange de renseignements militaires et d’accélérer le transfert aux Philippines de six destroyers d’occasion. En avril et en mai, lors des exercices militaires annuels américano-philippins Balikatan, des troupes japonaises ont foulé le sol philippin pour la première fois depuis l’occupation des Philippines durant la Seconde Guerre mondiale.

À Pékin, ce rapprochement est perçu comme une menace directe. Les deux pays font partie de la première chaîne d’îles qui bloque l’accès de la Chine à l’océan Pacifique et pourraient, en cas de conflit autour de Taïwan, lui poser de sérieuses difficultés. Dans un commentaire du Quotidien du Peuple, il est affirmé que Tokyo et Manille attisent une « confrontation de blocs » dans l’esprit de la guerre froide. L’article a été publié sous le pseudonyme de Zhong Sheng — homonyme de l’expression « la Voix de la Chine », traditionnellement utilisée pour exposer les positions officielles de Pékin en matière de politique étrangère.

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