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L’inflation dans la zone euro s’emballe : le choc énergétique menace d’une nouvelle crise

L’inflation dans la zone euro a accéléré en mai 2026 pour atteindre 3,2 % en glissement annuel, établissant un nouveau sommet depuis le début de l’année et dépassant à nouveau largement l’objectif de 2 % fixé par la Banque centrale européenne. Les données d’Eurostat font état d’un troisième mois consécutif de hausse soutenue des prix, après un relâchement temporaire des pressions inflationnistes en janvier, lorsque l’indicateur était retombé à 1,7 %.

inflation zone euro

Le principal moteur de cette inflation reste les prix de l’énergie, qui ont bondi de 10,9 % — la hausse la plus brutale depuis février 2023. La cause principale réside dans les restrictions d’approvisionnement en pétrole et en gaz, directement liées au conflit en cours au Moyen-Orient. L’instabilité dans la région pèse lourdement sur les importations européennes d’hydrocarbures, faisant grimper les factures d’électricité et de carburant des ménages comme de l’industrie.

La vague inflationniste a touché la plupart des grandes économies du bloc. Aux Pays-Bas, le taux a progressé en un mois de 2,5 % à 3,4 %, en Italie de 2,8 % à 3,3 %, en France de 2,5 % à 2,8 %, en Espagne de 3,5 % à 3,6 %. La seule exception parmi les grandes économies de la zone euro est l’Allemagne, où l’inflation a légèrement reculé de 2,9 % à 2,7 %.

Ce sont les prévisions à moyen terme qui suscitent le plus d’inquiétude. Plusieurs analystes alertent déjà : si le conflit dans le Golfe persique n’est pas résolu avant l’automne, l’inflation dans la zone euro pourrait alors s’emballer jusqu’à 5 %. Pour la BCE, cela signifierait un choix particulièrement douloureux : resserrer brutalement sa politique monétaire pour juguler les prix ou accepter une pression inflationniste prolongée au risque de perdre la confiance des marchés.

Dans un tel scénario, une hausse des taux directeurs se traduirait inévitablement par un renchérissement du crédit pour les entreprises et les ménages, un ralentissement de l’investissement et une charge supplémentaire sur les budgets des États les plus endettés, au premier rang desquels l’Italie, la France et l’Espagne.

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