Mode Foncé Mode Clair

Golfe persique : projets de pipelines pour contourner Ormuz

Dans les pays du Golfe persique, des discussions sont en cours sur la construction de pipelines afin de réduire la dépendance au détroit d’Ormuz, par lequel transite une part importante des approvisionnements mondiaux en pétrole. C’est ce qu’écrit le Financial Times en se référant à des sources. Selon le journal, les États de la région étudient des itinéraires alternatifs d’exportation, notamment la construction de nouveaux pipelines permettant d’assurer des livraisons continues en contournant le détroit. Ces discussions se sont intensifiées après son blocage par l’Iran et la montée des risques pour la navigation.

L’Arabie saoudite dispose déjà du pipeline Est-Ouest, qui permet de transporter le pétrole vers la mer Rouge en évitant Ormuz. L’une des options envisagées consiste à en augmenter la capacité.

Par ailleurs, comme le souligne le FT, des projets de plus grande ampleur sont également à l’étude. Il pourrait notamment s’agir du développement d’infrastructures dans le cadre du India-Middle East-Europe Economic Corridor, présenté lors du G20 New Delhi Summit 2023. Ce projet prévoit la création d’un réseau de transport reliant l’Inde, le Moyen-Orient et l’Europe, comprenant pipelines, ports et voies ferrées. L’un des points clés de cet itinéraire devrait être le port de Haïfa.

Le directeur général de la société de construction Cat Group, Christopher Bush, a déclaré au FT que l’intérêt pour ces projets était déjà élevé avant le début de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Selon lui, la construction d’un pipeline en Arabie saoudite pourrait coûter au moins 5 milliards de dollars, en raison de son passage à travers la chaîne montagneuse du Hedjaz. Des projets plus complexes, comme l’exportation du pétrole irakien via la Jordanie, la Syrie ou la Turquie, sont estimés entre 15 et 20 milliards de dollars. Comme l’a souligné Bush, ces projets impliquent non seulement des défis techniques, mais aussi des risques élevés en matière de sécurité.

Avant le conflit, environ 20 % des exportations mondiales de pétrole transportées par voie maritime, soit près de 20 millions de barils par jour, transitaient par le détroit d’Ormuz, ainsi que d’importants volumes de gaz naturel liquéfié. Son blocage par l’Iran est devenu l’un des facteurs de la forte hausse des prix mondiaux de l’énergie.

Le président des États-Unis Donald Trump a déclaré que Washington ne chercherait pas à rouvrir le détroit. Selon lui, cette responsabilité incombe aux pays qui dépendent de ce passage pour leurs approvisionnements en pétrole, les États-Unis se disant prêts uniquement à leur apporter un soutien.

Recevez une information neutre et factuelle

En cliquant sur le bouton « S'abonner », vous confirmez que vous avez lu et que vous acceptez notre politique de confidentialité et nos conditions d'utilisation.