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L’Europe prépare un plan de secours en cas de retrait des États-Unis de l’OTAN

L’Europe prépare un plan de secours en cas de retrait des États-Unis de l’OTAN

En Europe, les discussions autour d’un scénario de secours en cas de retrait potentiel des États-Unis de l’OTAN se sont intensifiées. Comme le rapporte The Wall Street Journal, citant plusieurs sources, il s’agit de développer de manière informelle un mécanisme permettant aux pays européens de préserver leur capacité de défense en s’appuyant sur les structures existantes de l’Alliance.

Selon le journal, ces discussions se déroulent à huis clos — dans le cadre de réunions de travail, de négociations en coulisses et de dîners informels. Les responsables européens soulignent toutefois qu’il ne s’agit pas de créer une alternative à l’OTAN, mais plutôt d’adapter l’Alliance à un scénario dans lequel le rôle des États-Unis serait considérablement réduit.

Le facteur clé ayant accéléré ces discussions est l’évolution de la position allemande. Alors que Berlin se montrait auparavant réservé face à l’idée d’une autonomie stratégique européenne, portée notamment par la France, et préférait maintenir les États-Unis comme principal garant de sécurité, la situation a changé avec l’arrivée au pouvoir de Friedrich Merz en mai 2025.

D’après les sources, Merz a commencé à réviser cette ligne, doutant de la fiabilité des garanties américaines. Ses inquiétudes portent notamment sur la politique de Donald Trump et son approche du conflit en Ukraine. À Berlin, on craint que les États-Unis réduisent leur soutien à Kiev et modifient plus largement leur position au sein de l’OTAN.

Certains responsables européens impliqués dans ces discussions évoquent officieusement une « OTAN européenne ». Il s’agit d’un renforcement progressif du rôle des pays européens au sein de l’Alliance, en particulier dans les structures de commandement et la conduite des opérations. L’objectif est que l’Europe assume davantage de responsabilités afin de compenser une éventuelle diminution de l’engagement américain. Cela implique à la fois un renforcement des effectifs européens dans les postes clés et une augmentation des capacités militaires propres.

Les questions centrales abordées dans ce plan de secours sont avant tout opérationnelles. Il s’agit notamment de déterminer qui assurerait la gestion des systèmes de défense aérienne et antimissile de l’OTAN, qui garantirait le déploiement des forces vers la Pologne et les États baltes, ou encore qui coordonnerait la logistique et les exercices militaires de grande envergure. Une attention particulière est également portée à la dissuasion nucléaire. Les pays européens cherchent à maintenir la crédibilité du « parapluie nucléaire », même en cas de réduction de la présence militaire américaine sur le continent.

La mise en œuvre de ces plans se heurte à plusieurs obstacles. Le poste de commandant suprême des forces alliées en Europe est traditionnellement occupé par un officier américain, et Washington ne semble pas prêt à renoncer à ce rôle. Par ailleurs, une grande partie de l’infrastructure militaire de l’OTAN repose sur les capacités américaines, qu’il s’agisse du renseignement ou des systèmes de commandement. Cela signifie que toute transition vers une plus grande autonomie européenne nécessitera du temps et des investissements importants.

Les discussions sur ce plan de secours se sont accélérées dans un contexte de dégradation des relations entre les États-Unis et leurs alliés européens, notamment depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. La question du Groenland, que le président américain avait évoquée comme un enjeu stratégique pour les États-Unis, a constitué un point de tension supplémentaire.

Un autre facteur de division est apparu dans le contexte de la guerre avec l’Iran. Plusieurs pays européens ont refusé de soutenir les opérations militaires américaines, certains allant jusqu’à ne pas autoriser l’utilisation de leurs bases. Parmi les dirigeants les plus critiques figure le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez. Dans ce contexte, Trump a à plusieurs reprises dénoncé le manque de soutien des alliés et exprimé son insatisfaction vis-à-vis de l’OTAN.

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