Le gouvernement de la province canadienne de l’Alberta inclura dans le référendum d’automne une question sur la question de savoir si la région doit rester au sein de la fédération ou engager une procédure obligatoire de vote sur la sécession. C’est ce qu’a déclaré la première ministre de la province, Danielle Smith, lors d’une allocution officielle le 21 mai.
Le vote est prévu pour le 19 octobre 2026. Smith a souligné qu’elle était favorable au maintien de l’Alberta au sein du Canada et qu’elle avait l’intention de voter en ce sens. Selon elle, l’objectif du référendum est de comprendre dans quelle direction les citoyens de la province souhaitent aller, et non de précipiter une rupture avec le gouvernement fédéral. Le référendum n’est pas contraignant et n’entraînera pas de séparation automatique.
La décision d’organiser ce vote intervient dans le contexte d’un scandale impliquant la partie américaine. En janvier 2026, le Financial Times a rapporté que des représentants de l’administration du président Donald Trump avaient tenu plusieurs réunions secrètes avec les dirigeants du mouvement séparatiste Alberta Prosperity Project, qui milite pour l’indépendance de la province. Des sources du journal ont décrit la position de Washington comme un intérêt extrême pour l’émergence d’une « Alberta libre et indépendante ».
Ce n’est pas la première fois que la question de la séparation des territoires canadiens prend une dimension américaine. Trump a proposé à plusieurs reprises, en janvier et en mars 2025, que le Canada devienne le 51e État des États-Unis. Ottawa a invariablement rejeté ces initiatives : le premier ministre Mark Carney a déclaré que le Canada ne permettrait aucune forme d’absorption par son voisin du sud.
L’Alberta, une province pétrolière riche située à l’ouest du pays, est traditionnellement un bastion des sentiments conservateurs et provincialistes. Les idées séparatistes y surgissent périodiquement en réaction à la politique fédérale en matière d’énergie et de fiscalité. Cependant, jusqu’à présent, aucun gouvernement provincial n’avait soumis la question de la sécession à un vote direct. Le référendum du 19 octobre sera le premier du genre dans l’histoire moderne de la province.