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Une petite île des Caraïbes gagne des dizaines de millions de dollars par an grâce au boom de l’intelligence artificielle

Une petite île des Caraïbes gagne des dizaines de millions de dollars par an grâce au boom de l’intelligence artificielle

La petite île caribéenne d’Anguilla possède un actif qui s’est soudainement révélé très précieux : un nom de domaine internet de deux lettres, .ai. À l’origine, ce sigle signifiait simplement Anguilla Island. Mais avec l’essor mondial de l’intelligence artificielle, ces mêmes lettres sont devenues synonymes d’artificial intelligence, et des milliers d’entreprises technologiques du monde entier se sont ruées pour enregistrer leurs sites dans la zone de domaine anguillaise. L’île elle-même est minuscule : 91 kilomètres carrés, 18 000 habitants, une économie traditionnellement tournée vers le tourisme. Pas de grandes entreprises informatiques, pas de centres de données, pas de start-ups.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

La croissance a été fulgurante. Fin 2022, un peu plus de 100 000 domaines étaient enregistrés dans la zone .ai. À la mi-2023, ce chiffre atteignait déjà 350 000, et à la mi-2025 — 850 000. Aujourd’hui, le compteur a dépassé 1,2 million, et il continue de croître de plusieurs milliers par jour.

Les revenus ont suivi la même courbe. En 2022, avant la fièvre de l’IA, l’île avait tiré 7,7 millions de dollars de la vente de domaines. En 2024, ce chiffre grimpait à 39 millions. En 2025 — plus de 85 millions. Les tarifs d’enregistrement débutent à 150–200 dollars, mais les adresses les plus convoitées, comme you.ai ou cloud.ai, se négocient aux enchères pour des centaines de milliers.

Pour mesurer l’ampleur du phénomène : 85 millions de dollars répartis entre 18 000 habitants, c’est près de 4 700 dollars par personne et par an. Uniquement grâce à la vente de noms de domaine. Sans la moindre usine, le moindre bureau ni la moindre ligne de code écrite sur l’île elle-même. Cette activité rapporte désormais à l’État presque autant que le tourisme, secteur qui représentait auparavant 37 % du PIB. Le PIB total de l’île, qui dépassait à peine 300 millions de dollars en 2022, a atteint 456 millions en 2024.

Ne pas laisser passer sa chance : la leçon de Tuvalu

L’histoire offre un exemple éloquent d’une occasion similaire gâchée. À la fin des années 1990, l’atoll du Pacifique de Tuvalu, propriétaire du domaine .tv, avait cédé ses droits à la société VeriSign pour seulement deux millions de dollars par an. Lorsque la vidéo en ligne a explosé, cette somme s’est révélée, de l’aveu même des autorités tuvaluanes, « une misère ». Les versements ont par la suite été légèrement revus à la hausse, jusqu’à cinq millions annuels, mais il était trop tard pour renégocier en profondeur les termes du contrat.

Les autorités d’Anguilla semblent avoir retenu la leçon. En 2024, elles ont conclu un accord de cinq ans avec la société américaine Identity Digital, spécialisée dans les registres de noms de domaine. Celle-ci se charge des ventes et de la collecte des abonnements, conservant environ 10 % des recettes à titre de commission — tout le reste va dans les caisses de l’île.

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