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Pourquoi Trump veut contrôler le Venezuela et Nicolás Maduro est-il vraiment un baron de la drogue ?

Dans la nuit du 3 janvier, des forces américaines ont arrêté à Caracas le président du Venezuela, Nicolás Maduro, ainsi que son épouse, Cilia Flores. Ils ont été transférés en urgence à New York, où le parquet fédéral a immédiatement retenu contre eux des chefs d’accusation allant du « narco-terrorisme » et de l’organisation d’un trafic international de drogue à la possession d’armes « dans l’intention de nuire aux États-Unis ».
Le président des États-Unis a déclaré que le Venezuela resterait sous contrôle américain jusqu’à ce qu’une « transition du pouvoir sûre et responsable » devienne possible.

La doctrine Monroe comme fondement du conflit

La confrontation entre Washington et Caracas n’a commencé ni avec Trump ni avec Maduro. Ses racines remontent à une doctrine formulée dès 1823 par le cinquième président des États-Unis, James Monroe. Son principe est simple : l’hémisphère occidental constitue une zone d’intérêts exclusifs des États-Unis, et toute influence extérieure y est perçue comme une menace.
Depuis deux siècles, cette logique a servi à de nombreuses reprises de justification à des interventions du Guatemala et du Nicaragua au Panama et à la Grenade.

Chávez, le socialisme et un nouvel ennemi

Le Venezuela occupe une place particulière dans cette histoire. En 1999, Hugo Chávez est arrivé au pouvoir en annonçant un cap vers le socialisme, les nationalisations et la lutte contre « l’impérialisme occidental ». Il critiquait ouvertement les États-Unis, condamnait les guerres en Irak et en Afghanistan et accusait Washington d’avoir soutenu la tentative de coup d’État de 2002.

Après la mort de Chávez, le pouvoir est passé à Maduro, qui a hérité à la fois de l’idéologie et de la confrontation. Depuis 2013, son régime est régulièrement accusé de méthodes de gouvernance autoritaires, de fraudes électorales et de répression de l’opposition. Le point culminant a été l’élection présidentielle de 2018, dont les résultats n’ont pas été reconnus par les États-Unis, l’Union européenne, le Canada et plusieurs pays d’Amérique latine.

« Narco-terrorisme » : l’accusation de Trump

Lors du premier mandat présidentiel de Trump, le Venezuela figurait déjà parmi ses principales cibles de politique étrangère. Après son retour à la Maison-Blanche, la rhétorique s’est encore durcie. En 2025, Trump a déclaré ouvertement que si les États-Unis ne rétablissaient pas leur domination dans l’hémisphère occidental, ils cesseraient d’être une puissance mondiale efficace. Dans ce contexte, le Venezuela était perçu comme un problème clé : un gouvernement socialiste, des liens étroits avec la Russie, la Chine et l’Iran, ainsi que le contrôle d’immenses ressources.

La base juridique de l’opération a été constituée par des accusations de liens avec le soi-disant « Cartel des Soleils ». Selon le ministère américain de la Justice, l’élite vénézuélienne aurait transformé le pays en un centre du trafic international de drogue. Toutefois, de nombreux chercheurs jugent ces affirmations très contestables. Des journalistes de The Atlantic et de The New York Times soulignent que le « Cartel des Soleils » est davantage une étiquette politique apparue dans les années 1990 pour désigner certains militaires corrompus, plutôt qu’une organisation criminelle unifiée. Le principal flux de cocaïne vers les États-Unis provient de Colombie, du Pérou et de la Bolivie, où se trouvent les plus grandes plantations de coca. Même les données de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime montrent que le rôle du Venezuela dans le trafic mondial de stupéfiants est secondaire et sans commune mesure avec l’ampleur du problème décrite par Washington.

Le pétrole comme argument principal

Les actions des États-Unis semblent avant tout motivées par les ressources du Venezuela, qui possède les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde, ainsi que d’importants gisements d’or, de terres rares et d’autres minerais stratégiques. Trump a déjà déclaré que les compagnies pétrolières américaines étaient prêtes à revenir dans le pays, à restaurer les infrastructures et à lancer l’exploitation.

Réaction internationale et signal à la région

Moscou, Pékin et Téhéran ont condamné l’arrestation de Maduro comme une violation flagrante de la souveraineté. À l’ONU, on a mis en garde contre le risque de déstabilisation de la région. Les dirigeants européens ont adopté une position prudente, évitant une confrontation directe avec les États-Unis.

À la Maison-Blanche, en revanche, l’opération est présentée comme un succès. Le procès de Maduro à New York, prévu pour le 5 janvier, est appelé à devenir un avertissement pour tous les régimes qui tentent de défier l’influence américaine dans l’hémisphère occidental.

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