Voici un résumé du discours prononcé par le roi du Royaume-Uni Charles III devant le Congrès américain le 28 avril, ainsi que de ses déclarations lors du dîner d’État chez le président américain Donald Trump.
Le discours de Charles III devant le Congrès est le deuxième du genre dans l’histoire. Le premier avait été prononcé par la reine Élisabeth II en 1991.
Le roi Charles III et la reine Camilla sont arrivés aux États-Unis lundi. Il s’agit de la première visite d’État d’un monarque britannique aux États-Unis depuis 2007. Elle intervient dans un contexte de crise dans les relations entre Londres et Washington, notamment en raison du refus du Royaume-Uni de soutenir la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Les propos du locuteur peuvent parfois être reformulés et édités pour assurer la cohérence du texte. Le contexte et le sens sont entièrement préservés. Le discours intégral devant le Congrès en anglais est disponible ici, et la déclaration du roi lors du banquet — ici.
Discours devant le Congrès : unité, Ukraine et le poids des mots
Ouvrant son discours par une citation d’Oscar Wilde selon laquelle la Grande-Bretagne et l’Amérique « ont tout en commun, sauf la langue », Charles III est rapidement passé aux sujets sérieux. Le monde, selon lui, traverse « une période de grande incertitude » des conflits en Europe à la crise au Moyen-Orient.
Le roi a souligné que l’alliance anglo-américaine, forgée au fil des siècles, est aujourd’hui plus importante que jamais. Mais il a averti : on ne peut pas tenir ce partenariat pour acquis. « Dans ce contexte imprévisible, notre alliance ne peut pas s’appuyer uniquement sur les réalisations passées », a-t-il déclaré.
Charles a rappelé les moments clés où les deux peuples se sont tenus côte à côte : lors des deux guerres mondiales, pendant la guerre froide, après la tragédie du 11 septembre. Cette même « détermination inébranlable », selon lui, doit se manifester aujourd’hui pour défendre l’Ukraine et parvenir à « une paix juste et durable ».
Le roi s’est également adressé au rôle de l’Amérique dans le monde. « Les paroles de l’Amérique ont du poids et de l’importance. Ses actes en ont encore davantage », a-t-il conclu, appelant à ne pas céder aux « appels retentissants à un repli sur soi toujours plus grand ».
Le dîner chez Trump : l’humour britannique à la Maison Blanche
Lors du dîner d’État, après avoir remercié ses hôtes pour leur hospitalité et mentionné que sa première visite aux États-Unis remontait à plus de cinquante ans, le roi n’a pu s’empêcher de commenter les changements dans l’intérieur de la Maison Blanche. « Je dois malheureusement admettre que nous, les Britanniques, avons nous aussi tenté notre propre projet de rénovation — en 1814 », a-t-il dit, faisant allusion à l’incendie de la Maison Blanche par les troupes britanniques.
Le roi a également répondu avec esprit à la récente déclaration de Trump selon laquelle, sans les États-Unis, les Européens parleraient allemand. « J’ose dire que sans nous, vous parleriez français », a rétorqué Charles, ajoutant aussitôt qu’ils aimaient tous deux « beaucoup leurs cousins français ».
Sur un ton plus sérieux, il est revenu sur le rôle américain dans la reconstruction de l’Europe d’après-guerre : « Le leadership américain a contribué à reconstruire une Europe dévastée. Nous ne l’oublierons jamais, surtout maintenant, après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. »