Les États-Unis et l’Iran se sont mis d’accord pour cesser leurs frappes mutuelles et garantir le libre passage des navires par le détroit d’Ormuz. C’est ce que rapportent Axios, The Hill et Reuters, citant des sources au sein de l’administration américaine.
Selon un haut responsable américain, les deux parties ont décidé de mettre fin à toute activité « cinétique ». Les négociations techniques sur l’ensemble des dispositions du mémorandum d’entente se poursuivront, et, pour l’heure, Washington et Téhéran s’abstiendront de toute nouvelle action, les navires pourront circuler librement dans le détroit. Selon Axios, la rencontre est prévue le 30 juin à Doha, capitale du Qatar ; ce cycle de discussions devait initialement se tenir en Suisse et porter sur le programme nucléaire iranien, mais l’escalade a conduit à le déplacer et à le recentrer sur la situation autour du détroit d’Ormuz.
Cet accord de trêve intervient sur fond de vive escalade. Le Commandement central américain (CENTCOM) a indiqué avoir frappé des cibles militaires iraniennes en réponse à l’agression continue contre la navigation commerciale. L’élément déclencheur immédiat a été l’attaque d’un drone iranien contre un pétrolier battant pavillon panaméen dans le détroit d’Ormuz. En riposte, l’Iran a tiré des missiles et des drones sur des installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn. Le Koweït a déclaré que ses systèmes de défense antiaérienne avaient intercepté deux missiles balistiques, sans victime ni dégât ; Bahreïn a fait état de dommages à un immeuble résidentiel, sans blessé. Trump a de nouveau accusé Téhéran de violer l’accord de cessez-le-feu.
Ces arrangements reposent sur le mémorandum d’entente signé le 17 juin par Trump à l’issue du sommet du G7 et par le président iranien Massoud Pezeshkian à Téhéran. Le document prévoit la cessation des hostilités sur tous les fronts, y compris le Liban, pour 60 jours, l’ouverture de négociations en vue de mettre fin à la guerre et la réouverture du détroit d’Ormuz. Le 18 juin, l’armée américaine a levé le blocus maritime des ports iraniens ; depuis, plusieurs incidents impliquant des frappes de drones contre des navires se sont toutefois produits dans le détroit.
La trêve reste fragile. Les deux camps interprètent différemment les dispositions du mémorandum, en particulier celles relatives au détroit d’Ormuz. Téhéran soutient que le texte lui confie la responsabilité de la réouverture du détroit, alors que le mémorandum prévoit des consultations avec Oman et les autres États riverains du Golfe ; Washington soutient une route de navigation alternative près des côtes omanaises. L’Iran affirme par ailleurs exercer son contrôle sur le détroit et avertit que toute tentative de contourner l’itinéraire qu’il privilégie accroîtrait les tensions dans la région.
Avant la guerre, environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz transitait par le détroit d’Ormuz. Outre la question de la navigation, le programme nucléaire iranien et les tensions autour du Liban restent en suspens, ce sont précisément ces dossiers qui figureront à l’ordre du jour des prochaines négociations de Doha.