La médiatrice européenne Teresa Anjinho a ouvert une enquête visant la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, à propos d’un groupe de discussion confidentiel dans lequel elle échangeait avec Volodymyr Zelensky et plusieurs dirigeants européens. C’est ce que rapporte le quotidien Berliner Zeitung.
Outre von der Leyen et le président ukrainien, le chat réunissait le chancelier allemand Friedrich Merz, le président français Emmanuel Macron, la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni et le Premier ministre britannique sortant Keir Starmer. L’enquête ne porte pas sur le contenu des échanges, mais sur la question de savoir si la Commission a enfreint les règles de transparence en refusant l’accès à cette correspondance.
L’existence de ce chat, surnommé par la presse le « groupe de Washington », a été révélée en janvier. L’organisation néerlandaise d’investigation Follow the Money (FTM) avait demandé l’accès aux messages, mais la Commission a rejeté la requête au motif que leur publication pourrait nuire aux relations de l’UE avec des pays tiers. Selon les médias, les participants y discutaient notamment de la stratégie à adopter face au président américain Donald Trump.
Dans une lettre adressée à la Commission, Anjinho a indiqué examiner ce refus d’accès. L’enquête devra déterminer si la Commission a respecté les règles européennes de transparence en rejetant la demande.
Ce n’est pas le premier différend de ce type. L’an dernier, le Tribunal de l’UE avait jugé que la Commission avait mal traité une demande du New York Times portant sur les SMS échangés entre von der Leyen et le PDG de Pfizer, Albert Bourla, lors des négociations sur les contrats de vaccins contre le COVID-19. Début juin, Anjinho avait également critiqué la suppression d’un message de Macron relatif à l’accord commercial envisagé avec le Mercosur, estimant que ce message avait été effacé de manière illégale.
L’enquête devrait durer plusieurs mois. Une réunion entre la Commission et la médiatrice est prévue d’ici la mi-juillet.