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Les États-Unis et l’Iran ont conclu un cessez-le-feu. Qu’en pense-t-on en Israël ?

Les États-Unis et l’Iran ont conclu un cessez-le-feu. Qu’en pense-t-on en Israël ?

Les États-Unis et l’Iran se sont entendus sur un mémorandum d’entente censé mettre fin à la nouvelle guerre au Proche-Orient. Sa signature officielle est attendue le 19 juin à Genève. Le document prévoit un cessez-le-feu de 60 jours et rouvre le détroit d’Ormuz à la navigation. Le texte intégral de l’accord n’a pas encore été publié.

Selon CNN, l’accord ne comporte aucune exigence de retrait des troupes israéliennes du Liban, alors même qu’Israël avait participé aux frappes contre l’Iran aux côtés des États-Unis. Peu après l’annonce de l’accord entre Washington et Téhéran, les autorités israéliennes ont déclaré ne pas se considérer comme partie prenante à cet accord. Sur le plan intérieur, le Premier ministre est déjà critiqué par l’opposition, tandis que des responsables anonymes qualifient l’accord conclu d’échec pour Israël.

S’exprimant lors d’une conférence de presse dans la soirée du 15 juin, Benjamin Netanyahou s’est efforcé de prendre ses distances avec les termes de l’accord, sans pour autant entrer en conflit ouvert avec Washington. Comme le souligne CNN, le Premier ministre a évité dans son intervention d’évoquer directement l’accord entre les États-Unis et l’Iran. Netanyahou a assuré qu’« avec ou sans accord, l’Iran n’aura pas l’arme nucléaire — ni aujourd’hui, ni demain ». « Tant que je serai Premier ministre d’Israël, cela n’arrivera pas », a-t-il insisté. Selon Netanyahou, « le combat n’est pas terminé », et Israël « doit rester vigilant, fort et prêt à se défendre si nécessaire ». Il a laissé entendre que le pays n’avait pas l’intention de quitter le sud du Liban, la bande de Gaza ni la Syrie. Le Premier ministre a toutefois reconnu que le contenu de l’accord entre Washington et Téhéran demeurait flou pour Israël.

Le message central de son intervention, le Premier ministre l’a formulé en termes de victoire militaire. Selon lui, Israël a frappé les scientifiques nucléaires iraniens, éliminé les dirigeants du « régime terroriste », détruit des installations nucléaires, des missiles et la plupart des usines qui les fabriquent, ainsi que des sites de l’industrie militaire, la marine et l’armée de l’air iraniennes.

Netanyahou a par ailleurs rejeté les affirmations selon lesquelles l’un des objectifs de la guerre, le changement de régime en Iran, n’aurait pas été atteint. Les objectifs, a-t-il déclaré, étaient autres : éliminer la menace nucléaire et balistique iranienne et créer les conditions permettant au peuple iranien de changer lui-même le système politique du pays.

L’un des chefs de l’opposition, l’ancien Premier ministre Yaïr Lapid, a qualifié l’accord entre les États-Unis et l’Iran d’« échec diplomatique » de Netanyahou, qui « n’a pas réussi à obtenir de résultat », alors même que l’armée a rempli ses missions. Pour Lapid, Israël se retrouve dans une situation où il doit choisir entre son droit à la légitime défense et la confrontation avec son principal allié — Washington.

Trois interlocuteurs de Reuters, s’exprimant sous couvert d’anonymat, jugent probable une prolongation du cessez-le-feu de 60 à 90 jours, les États-Unis maintenant alors leur présence militaire dans la région le temps des négociations avec Téhéran. Deux autres ont souligné qu’Israël avait été pris de court lorsque Trump a annoncé la semaine dernière qu’un accord avec l’Iran était proche ; selon eux, Israël n’a pas réussi à peser sur le déroulement des négociations entre Washington et Téhéran.

Le ministre de l’Énergie Eli Cohen a déclaré qu’en cas de tentatives iraniennes de reconstituer son potentiel nucléaire et balistique, Israël serait prêt à agir seul, même si, selon lui, Téhéran ne s’y risquerait guère tant que Donald Trump reste président des États-Unis. Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a pour sa part souligné que l’accord entre Téhéran et Washington n’engageait en rien Israël.

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