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Pétrole, or et golfe Persique : marchés sous tension

L’escalade militaire de ces derniers jours dans le golfe Persique et la suspension de fait des négociations entre l’Iran et les États-Unis n’ont finalement pas eu d’effet critique sur le marché mondial du pétrole. Le Brent se maintient autour de 92 dollars, le WTI américain aux alentours de 89,5. Et ce, alors même que Téhéran a interrompu le 1er juin tout échange de messages avec Washington par l’intermédiaire de médiateurs, menaçant de fermer définitivement le détroit d’Ormuz, tandis que le blocus maritime des ports iraniens entre dans son troisième mois.

Le paradoxe s’explique par le fait que le marché a depuis longtemps « intégré » le pire scénario. Les prix du pétrole avaient déjà flambé au printemps, au début du blocus, avant de refluer de plusieurs dizaines de pour cent. Aujourd’hui, les cours oscillent entre la prime de risque géopolitique et une pression inverse, exercée par un dollar fort et l’inflation américaine. Au bout du compte, une guerre de grande ampleur dans le Golfe n’est pour l’instant pas intégrée dans les prix.

L’or, en revanche, pourrait passer sous la barre des 4 000 dollars l’once. Depuis le début de l’année, le métal a perdu plus de 20 % par rapport à son sommet historique, situé autour de 5 600 dollars, effaçant de fait l’intégralité de ses gains annuels. Les données de mai confirment que les fonds adossés à l’or physique ont enregistré, pour la première fois en cinq mois, une décollecte nette de capitaux.

Ici, comme pour le bitcoin et les autres cryptomonnaies, c’est le facteur des entrées en Bourse retentissantes des géants technologiques américains qui a joué. SpaceX a réalisé le 12 juin la plus grande introduction en Bourse de l’histoire, levant près de 75 milliards de dollars pour une valorisation de près de 1 800 milliards. OpenAI et Anthropic préparent à leur tour leurs propres introductions. Les investisseurs retirent leurs capitaux des actifs « refuges », fonds aurifères et fonds crypto, dans l’espoir de profiter des actions de ces entreprises. Aux causes fondamentales (le dollar, les taux, les prises de bénéfices après le rallye) s’ajoute une rotation des capitaux : l’argent se déplace là où l’on promet un rendement plus élevé.

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