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La Russie menace l’Arménie de couper ses livraisons de pétrole et de gaz

Le ministre russe de l’Énergie Sergueï Tsivilev a adressé le 25 mai une lettre au gouvernement arménien avec un avertissement sans équivoque : si Erevan poursuit son rapprochement avec l’Union européenne, Moscou pourrait suspendre ou dénoncer unilatéralement l’accord sur les livraisons en franchise de droits de gaz naturel, de produits pétroliers et de diamants bruts. C’est ce qu’a révélé le journal Kommersant, qui a pu consulter une copie de la lettre.

L’accord avait été signé en 2013 : la Russie avait alors supprimé pour une durée indéterminée les droits à l’exportation sur ces marchandises à destination de l’Arménie. En cas de rupture du contrat, l’Arménie serait tenue de verser une compensation ou de reconnaître la dette comme une dette d’État envers la Russie. Les conséquences d’une telle rupture pourraient être sévères pour Erevan : le pays reçoit de Russie 85 % de tout le gaz qu’il consomme, au moins 62 % de ses produits pétroliers et la moitié des diamants qu’il importe. Les analystes estiment qu’il serait extrêmement difficile de remplacer ces volumes à court terme.

L’Arménie se rapproche méthodiquement de l’Occident depuis plusieurs années. En 2025, le parlement du pays a adopté une loi lançant la procédure d’adhésion à l’UE, et Erevan compte instaurer un régime sans visa avec l’Union européenne dans un délai de deux ans. Ce tournant est en grande partie la conséquence de la crise du Karabakh : la Russie a en effet refusé de soutenir l’Arménie dans son conflit avec l’Azerbaïdjan, ce qui a profondément érodé la confiance d’Erevan envers Moscou en tant qu’alliée.

La pression actuelle revêt un caractère clairement préélectoral. Le 7 juin, l’Arménie organise des élections législatives, et le Kremlin cherche manifestement à affaiblir la position du Premier ministre en exercice Nikol Pachinian. Parallèlement aux menaces diplomatiques, la Russie impose des restrictions commerciales sur les fleurs, l’eau minérale et le cognac arméniens, tandis que des chaînes Telegram pro-kremlin mènent une campagne affirmant que Pachinian « se prépare à la guerre contre la Russie ».

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