En sept ans de guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, le principal bénéficiaire s’avère être le Mexique. De 2017 à 2024, sa part dans les dépenses totales américaines est passée de 0,8 % à 1,06 %, tandis que la part de la Chine reculait sur la même période de 1,25 % à 0,95 %. En 2023, un événement symbolique s’est produit : le Mexique a dépassé la Chine pour la première fois, devenant le premier partenaire commercial des États-Unis.

Les entreprises américaines, confrontées aux droits de douane sur les produits chinois, ont cherché des fournisseurs alternatifs. Le Mexique, avec sa proximité géographique, son infrastructure industrielle développée et le régime préférentiel de l’ACEUM, s’est imposé comme le choix évident. L’effet s’est manifesté en deux vagues. La première est une substitution directe des importations : la demande américaine s’est déplacée des produits chinois vers leurs équivalents mexicains, ce qui a apporté une hausse du PIB mexicain d’environ 0,35 point de pourcentage. La seconde est une vague d’investissement : lorsque les industriels ont compris que cette réorientation était structurelle, ils ont commencé à investir massivement dans l’extension de leurs capacités de production au Mexique. C’est cette vague qui a ajouté 0,73 point supplémentaire. L’effet total avoisine 1,08 point de pourcentage de croissance du PIB.

Le recul de la Chine de 8,2 points dans les importations américaines s’est réparti entre plusieurs pays. En tête figurent le Vietnam (+2,2 points) et le Mexique (+2,1 points), suivis de Taïwan (+1,7 point), de l’Irlande (+1,1 point) et de la Corée (+1,0 point). Le Canada est resté pratiquement stable (−0,2 point).
La progression de la part mexicaine est soutenue par de véritables investissements dans les capacités de production et par des contrats à long terme conclus avec des entreprises américaines. Les secteurs les plus intégrés dans les chaînes de valeur nord-américaines : automobile, aérospatiale, dispositifs médicaux affichent une croissance supérieure à la moyenne. Et quand les industriels délocalisent leurs capacités, c’est pour s’installer durablement.