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Que se passera-t-il si Trump ordonne d’attaquer l’Iran ? Cinq scénarios possibles (spoiler : le plus commenté est le « scénario vénézuélien »)

Un nouveau cycle de négociations est prévu le 26 février à Genève entre l’Iran, représenté par son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, et les États-Unis, représentés par l’envoyé spécial Steve Witkoff, sous la médiation d’Oman, en la personne de son chef de la diplomatie Badr al-Busaidi. Selon une opinion quasi unanime parmi les analystes occidentaux, ces discussions ne déboucheront pas sur une percée diplomatique. La probabilité que le président américain Donald Trump opte pour un scénario militaire pourrait donc augmenter. Voici cinq trajectoires possibles.

Scénario 1. Une solution diplomatique

Téhéran pourrait théoriquement proposer un compromis sur son programme nucléaire : limiter l’enrichissement de l’uranium à 3–5 % ou relancer l’idée d’un consortium régional incluant les pays du Golfe. Sur le plan formel, cela constituerait un geste d’ouverture. Mais les exigences américaines vont bien au-delà du simple niveau d’enrichissement. Washington réclame un abandon total de l’enrichissement sur le sol iranien, des restrictions sur le programme balistique et la fin du soutien aux groupes alliés du Hezbollah libanais (« Hezbollah ») au mouvement palestinien « Hamas », en passant par les houthis au Yémen.

Pour le régime des ayatollahs, ces conditions sont pratiquement inacceptables. L’enrichissement est devenu un symbole de souveraineté et de résistance aux pressions occidentales. Les missiles et les réseaux régionaux sont perçus comme les principaux instruments de dissuasion face à Israël. L’espace pour un compromis reste extrêmement étroit.

Scénario 2. Une frappe symbolique

Le déploiement militaire américain dans la région constitue à la fois une préparation opérationnelle et un outil de pression diplomatique. Une frappe limitée contre une installation nucléaire ou militaire, démonstrative mais non massive, est envisageable.

L’objectif serait d’accentuer la pression et d’obtenir des concessions. Mais l’effet pourrait être inverse : l’Iran pourrait quitter les négociations, estimant qu’un dialogue sous la menace directe n’a plus de sens. Ou, au contraire, conclure que Washington n’est pas prêt à une guerre d’envergure et se contente d’actions ponctuelles.

Scénario 3. Le « scénario vénézuélien »

Le scénario le plus commenté suppose l’élimination du Guide suprême iranien Ali Khamenei et, éventuellement, d’autres figures clés — notamment au sein du Corps des gardiens de la révolution islamique. Un ultimatum pourrait ensuite être adressé à la nouvelle direction : accepter les conditions américaines ou faire face à une escalade supplémentaire. Les partisans de cette approche établissent un parallèle avec la pression exercée sur le régime de Nicolás Maduro au Venezuela : non pas une invasion, mais une « décapitation » du système suivie d’une contrainte politique. Cependant, l’Iran est un système bien plus structuré et idéologisé. Le Guide suprême est fortement protégé, les élites sont politisées, et les forces de sécurité restent opérationnelles. Même en cas de succès, rien ne garantit un changement d’orientation. Au contraire, le pouvoir pourrait basculer vers des figures encore plus radicales.

Scénario 4. Une campagne massive contre les infrastructures nucléaires et balistiques

Ce scénario prévoit des frappes concentrées contre les principaux sites du programme nucléaire : à Natanz, Fordo, Ispahan, Arak et ailleurs, ainsi que contre les bases de missiles. Il ne s’agirait pas d’un geste symbolique, mais d’une tentative de retarder significativement le programme nucléaire iranien. Une riposte iranienne serait alors hautement probable — frappes de missiles contre des positions américaines dans la région ou contre des alliés de Washington.

Scénario 5. Un changement de régime

Le scénario le plus radical et le plus risqué impliquerait une campagne visant à démanteler le noyau politique et sécuritaire de la République islamique, notamment les structures du Corps des gardiens de la révolution islamique, pilier du régime. L’Iran dispose de capacités de riposte asymétrique. Une tentative de blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite une part considérable des exportations mondiales de pétrole, est envisageable. Les forces alliées de Téhéran pourraient s’activer au Liban, en Irak ou au Yémen. Même un succès limité iranien, par exemple la destruction d’un navire militaire, constituerait un revers politique majeur pour Washington.

Une opération terrestre à grande échelle reste toutefois improbable : la configuration actuelle des forces américaines ne suggère pas de préparation à une invasion. Le pari reposerait donc soit sur une crise interne en Iran, soit sur une capitulation politique rapide — deux hypothèses loin d’être garanties.

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