Nous avons l’habitude de critiquer la gérontocratie, souvent à juste titre. Les générations plus âgées sont accusées de conservatisme, de déconnexion avec la réalité et d’incapacité à s’adapter au changement. Mais cette critique comporte un angle mort : l’hypothèse automatique selon laquelle la jeunesse serait, par définition, plus ouverte, plus rationnelle et plus démocratique. Les dernières données en provenance des États-Unis invitent à en douter.
Une étude menée dans le cadre du National Speech Index pose la question suivante : est-il acceptable d’utiliser la violence physique pour empêcher quelqu’un de s’exprimer au sein de sa communauté ? Les réponses mettent en évidence un fossé de valeurs entre les générations. La génération Z se révèle nettement plus tolérante à l’égard de la violence comme instrument de suppression des opinions divergentes. En termes relatifs, les « zoomers » sont près de dix fois plus nombreux que les baby-boomers, et vingt-cinq fois plus que les représentants de la « génération silencieuse », à juger acceptable le recours à la force contre un orateur.

Fait notable, l’étude montre que le facteur déterminant est avant tout l’appartenance générationnelle, plutôt que l’idéologie. Et même si le niveau d’intolérance est plus élevé parmi les zoomers aux orientations libérales, le phénomène caractérise l’ensemble de la génération.