Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé son intention d’interdire totalement l’accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 16 ans. Le gouvernement espère faire adopter la loi correspondante d’ici la fin de l’année 2026, avec une entrée en vigueur prévue au printemps 2027.
Selon les déclarations des autorités britanniques, les restrictions concerneront les plateformes les plus populaires auprès des adolescents, notamment TikTok, Instagram, Facebook, Snapchat, YouTube et X. En revanche, l’interdiction ne s’appliquera pas aux services de messagerie tels que WhatsApp et Signal, considérés avant tout comme des outils de communication.
Au-delà de cette interdiction, le gouvernement prévoit également d’imposer aux plateformes numériques la désactivation de certaines fonctionnalités jugées particulièrement risquées pour les mineurs. Sont notamment visés les directs vidéo (« live streams ») ainsi que la possibilité pour des adultes inconnus d’entrer en contact avec des enfants de moins de 16 ans.
S’exprimant devant la presse, Keir Starmer a estimé que les réseaux sociaux ne pouvaient plus être considérés comme un environnement sûr pour les jeunes générations. Selon lui, ces plateformes favorisent le harcèlement, exposent les mineurs à des contenus nocifs et ont un impact négatif sur leur santé mentale.
Le Premier ministre a également rejeté les critiques potentielles des grandes entreprises technologiques américaines propriétaires des principales plateformes. Selon lui, cette mesure ne constitue pas une opposition aux nouvelles technologies ni à l’intelligence artificielle.
Si cette loi est adoptée, le Royaume-Uni deviendra le deuxième pays au monde, après l’Australie, à mettre en place des restrictions aussi strictes concernant l’accès des mineurs aux réseaux sociaux.
L’Australie a en effet instauré une interdiction similaire en décembre 2025. La responsabilité du respect de la loi incombe directement aux plateformes numériques. Celles-ci doivent identifier et bloquer les comptes des utilisateurs de moins de 16 ans, tout en empêchant l’inscription de nouveaux mineurs. En cas de manquement, les entreprises s’exposent à des amendes pouvant atteindre 49,5 millions de dollars australiens (environ 33 millions de dollars américains).
L’adoption d’une telle législation au Royaume-Uni pourrait également accroître la pression sur d’autres pays européens et accélérer l’émergence de mesures similaires à l’échelle nationale comme au niveau de l’Union européenne.