Les revenus de la Russie tirés du pétrole et du gaz devraient progresser de 39 % en mai par rapport au même mois de l’année dernière, pour atteindre environ 700 milliards de roubles, soit quelque 9,9 milliards de dollars. C’est ce que ressort des calculs de Reuters. L’agence attribue cette hausse au renchérissement mondial du pétrole, lui-même provoqué par la guerre au Moyen-Orient. Les revenus pétroliers et gaziers représentent environ un cinquième de l’ensemble des recettes du budget russe.
Par rapport à avril, le tableau est toutefois plus modeste : les recettes devraient reculer d’environ 17 % par rapport au mois précédent, en raison des versements d’impôts sur les bénéfices. La hausse des subventions accordées aux raffineurs constitue une charge supplémentaire pour le budget.
Dans une perspective plus large, l’année s’annonce pour l’instant moins bonne que la précédente. Selon les calculs de Reuters, les revenus pétroliers et gaziers de janvier à mai 2026 ont chuté d’environ un tiers par rapport à la même période de 2025, pour s’établir à quelque trois billions de roubles, soit environ 42,3 milliards de dollars. L’année 2025 elle-même n’avait pas échappé à cette tendance baissière : les revenus pétroliers et gaziers avaient alors reculé de 24 %, à 8,48 billions de roubles (environ 119 milliards de dollars au cours actuel), atteignant leur niveau le plus bas depuis 2020.
L’appréciation du rouble pose un problème supplémentaire. La hausse des recettes en devises provenant des ventes de pétrole, dans le contexte du conflit au Moyen-Orient et de la crise des carburants, a conduit le rouble à devenir la monnaie la plus rapidement appréciée face au dollar au deuxième trimestre 2026, selon Bloomberg. Pour une économie russe largement tournée vers l’exportation, il s’agit d’un double coup dur : les exportateurs perçoivent moins de roubles lors de la conversion de leurs recettes en devises, et le budget en pâtit tout autant.