Mode Foncé Mode Clair

Baisse de popularité de Donald Trump sur fond de guerre avec l’Iran

La cote de popularité de Donald Trump est en baisse sur fond de guerre avec l’Iran. Le président américain est critiqué même par les utilisateurs de sa propre plateforme, Truth Social. Par ailleurs, il apparaît que nombre de ses conseillers étaient sceptiques dès le départ quant au conflit, sans pour autant chercher à l’en dissuader.

Après le début de la guerre avec l’Iran, les taux d’approbation de Trump ont chuté à leur niveau le plus bas depuis le début de son second mandat. Ce conflit de cinq semaines, conclu par un cessez-le-feu de deux semaines, ressemble de moins en moins à une victoire américaine. L’Iran a conservé ses stocks d’uranium enrichi ainsi que son système politique, tout en obtenant le contrôle du détroit d’Ormuz — l’une des principales routes du commerce mondial du pétrole et du gaz. Dans ce contexte, comme le souligne The New York Times, les critiques envers Trump émanent désormais même de son électorat le plus fidèle.

Les États-Unis se sont déclarés vainqueurs de la guerre contre l’Iran. Mais la réalité semble inverse

L’opération militaire des États-Unis et d’Israël contre l’Iran a débuté le 28 février par des frappes aériennes visant des infrastructures militaires. Lors de ces attaques, le guide suprême iranien Ali Khamenei a été tué, et des dommages ont été infligés à l’armée et à la marine du pays. En riposte, Téhéran a frappé des alliés des États-Unis au Moyen-Orient et bloqué le détroit d’Ormuz, provoquant une crise énergétique mondiale.

Les objectifs de l’opération étaient particulièrement ambitieux : détruire les programmes nucléaire et balistique de l’Iran, provoquer un changement de régime et « libérer » le pays. La Maison-Blanche espérait atteindre ces buts en quelques semaines, sans intervention terrestre. Pourtant, après cinq semaines de guerre, il est devenu évident que ces objectifs n’ont pas été atteints. L’Iran a non seulement préservé son potentiel stratégique, mais il a également renforcé sa position en acquérant un levier de pression sur les marchés énergétiques mondiaux. Selon les experts, le contrôle du détroit d’Ormuz confère à Téhéran une influence plus puissante que celle que pourrait offrir l’arme nucléaire. Ainsi, la tentative d’affaiblir l’Iran a produit l’effet inverse.

Le camp MAGA n’a pas soutenu Trump

Après le début du conflit, plusieurs figures influentes associées au mouvement MAGA ont exprimé leur opposition. Parmi elles figurent Tucker Carlson, Megyn Kelly, Joe Rogan et Steve Bannon. Tous ont souligné la contradiction entre cette guerre et les promesses de Trump d’éviter les interventions militaires à l’étranger.

Selon les sondages, la majorité des Américains ne soutenait pas la guerre contre l’Iran. Toutefois, chez les républicains, le niveau d’approbation restait élevé, en particulier parmi les partisans de Trump. Néanmoins, même au sein de ce groupe, des divisions sont apparues.

L’analyse de plus de 40 000 commentaires sur Truth Social a montré que la réaction à la guerre comptait parmi les plus négatives de tout son second mandat. Les utilisateurs critiquaient à la fois le conflit lui-même et la rhétorique du président. Les publications de Trump menaçant l’Iran ont particulièrement suscité l’indignation. L’une d’elles, publiée à Pâques, a choqué par son ton agressif. Une autre, promettant « la disparition de la civilisation iranienne », a été vivement critiquée tant par les démocrates que par certains républicains, dont Marjorie Taylor Greene. Quant au cessez-le-feu annoncé peu après, il n’a pas davantage convaincu ses partisans, beaucoup y voyant une concession sans gains tangibles.

Au sein de l’administration, les doutes existaient dès le départ, mais n’ont pas été exprimés ouvertement

D’après The New York Times, l’administration Trump n’était pas unie quant à l’opportunité de cette guerre. L’idée d’une attaque a été activement promue par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui affirmait qu’il était possible d’affaiblir rapidement l’Iran et de provoquer un changement de régime.

Cependant, les services de renseignement américains jugeaient ces scénarios peu réalistes. Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, a qualifié ces plans de « farce ». Le secrétaire d’État Marco Rubio et les responsables militaires adoptaient une position plus prudente, mettant en garde contre les risques d’un conflit prolongé.

Le vice-président JD Vance s’est montré le plus constant dans son opposition à la guerre. Il soulignait son coût élevé, le risque de divisions internes et l’absence quasi totale de chances de renverser le régime iranien. Toutefois, au moment décisif, lui aussi a soutenu la décision présidentielle. En définitive, c’est l’intuition personnelle de Trump qui a prévalu. Son entourage espérait qu’il réussirait, comme par le passé, à transformer un pari risqué en succès politique.

Mais cette fois, les conséquences semblent différentes. La guerre avec l’Iran n’a pas seulement échoué à produire une victoire stratégique : elle est devenue un facteur d’instabilité politique intérieure, fragilisant davantage le soutien dont bénéficie Trump, y compris au sein de sa propre base.

Recevez une information neutre et factuelle

En cliquant sur le bouton « S'abonner », vous confirmez que vous avez lu et que vous acceptez notre politique de confidentialité et nos conditions d'utilisation.