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À Cuba, la pire crise énergétique de son histoire. Les États-Unis ont coupé le pétrole, des millions de personnes vivent sans électricité, nourriture et carburant

À Cuba, la pire crise énergétique de son histoire. Les États-Unis ont coupé le pétrole, des millions de personnes vivent sans électricité, nourriture et carburant

Au début de l’année 2026, Cuba s’est retrouvée plongée dans un effondrement énergétique d’ampleur. Après que les États-Unis ont de facto bloqué les livraisons de pétrole en provenance du Venezuela, le pays a perdu sa principale source d’énergie. Des millions de Cubains vivent depuis plusieurs mois dans des conditions de coupures d’électricité permanentes, de pénurie de carburant et de denrées alimentaires. Dans les villes, les transports sont à l’arrêt, les hôpitaux ne prennent en charge que les cas les plus graves, et de nombreuses entreprises ont fermé. Le Monde Vu d’Ailleurs revient sur les causes de cette crise et sur ses possibles conséquences.

Le face-à-face entre les États-Unis et Cuba dure depuis plus de 60 ans. Mais il franchit aujourd’hui un nouveau seuil

Le conflit entre les États-Unis et Cuba remonte à 1959, lorsque Fidel Castro arrive au pouvoir et que l’île devient un allié de l’URSS. Dès 1960, Washington impose un embargo commercial, régulièrement durci depuis.

Malgré les évolutions au sommet de l’État ces dernières années, le système politique cubain est resté inchangé. Pour les États-Unis, il s’agit toujours d’un État communiste situé à leurs portes, à seulement 180 kilomètres de la Floride. Pendant des décennies, Washington a considéré Cuba comme un potentiel point d’appui pour ses adversaires géopolitiques — hier l’URSS, aujourd’hui la Russie et la Chine. La question cubaine a ainsi toujours été à la fois économique et stratégique.

Un nouveau cycle de tensions s’est ouvert lors du premier mandat de Donald Trump, lorsque les États-Unis ont abandonné la politique de normalisation initiée par Barack Obama et rétabli des restrictions sévères.

En 2026, les États-Unis frappent le point le plus vulnérable de Cuba : l’énergie

Le tournant intervient en janvier 2026. Après la mise sous contrôle de facto du secteur pétrolier vénézuélien par les États-Unis, Washington a acquis la capacité de couper le principal canal d’approvisionnement énergétique de Cuba.

Le 11 janvier, Donald Trump annonce l’arrêt total des livraisons de pétrole vénézuélien. Le 29 janvier, les États-Unis menacent de sanctions tout pays qui tenterait de fournir des ressources énergétiques à Cuba. L’administration Trump affirme clairement vouloir provoquer des changements politiques sur l’île. Selon plusieurs médias américains, il s’agit aussi pour Trump d’une question d’héritage politique : entrer dans l’histoire comme le président ayant « réglé la question cubaine ».

Cuba plongée dans le noir : blackouts, pénuries et paralysie des transports

Les conséquences de cette pression énergétique sont immédiates et massives. À La Havane, les coupures d’électricité atteignent jusqu’à 18 heures par jour, et dans certaines régions, elles sont quasi continues. Les habitants cuisinent au bois ou au charbon, faute de gaz et de carburant. Les transports publics sont à l’arrêt : les bus ne circulent plus, les taxis ont presque disparu. Pour se déplacer, les habitants attendent des heures ou parcourent de longues distances à pied.

Le système d’approvisionnement alimentaire est profondément perturbé. Sans électricité, il est impossible de conserver les produits, ce qui pousse de nombreux fournisseurs à suspendre leurs livraisons. Les habitants se contentent souvent de produits de base, principalement du riz.

Les hôpitaux ne prennent en charge que les urgences vitales, tandis que les pharmacies manquent de médicaments essentiels. Les villes se dégradent rapidement : les déchets s’accumulent dans les rues, faute de carburant pour les collecter, et les conditions sanitaires se détériorent.

Une économie paralysée, un tourisme à l’arrêt, une population tentée par l’exil

La crise a quasiment mis à l’arrêt l’économie du pays. De nombreuses entreprises ont fermé, faute d’énergie. Le tourisme, secteur clé, s’est effondré : les compagnies aériennes suspendent leurs vols, et les visiteurs étrangers quittent massivement l’île. Les revenus disparaissent, et ceux qui travaillent encore consacrent l’essentiel de leurs ressources à l’alimentation. De plus en plus de Cubains envisagent l’émigration comme seule issue. Dans ce contexte, le marché noir se développe rapidement : carburant, médicaments et produits de première nécessité ne sont accessibles qu’à des prix très élevés.

Washington accentue la pression. La Havane fait ses premières concessions

Sous la pression, les autorités cubaines ont annoncé être prêtes à ouvrir davantage l’économie, notamment en autorisant les investissements étrangers et en permettant aux émigrés de posséder des entreprises sur l’île. Des négociations avec les États-Unis ont été engagées. Toutefois, selon plusieurs médias occidentaux, Washington a durci sa position et exigerait désormais un changement de direction politique. Donald Trump a déclaré pouvoir « faire ce qu’il veut » avec Cuba et a évoqué la possibilité d’une « prise de contrôle amicale ».

Quels scénarios pour la suite

Plusieurs scénarios restent envisageables. Si Cuba accepte des concessions majeures, une partie des sanctions pourrait être levée. En revanche, un échec des négociations pourrait entraîner une aggravation de la crise, avec un risque réel de catastrophe humanitaire et de déstabilisation politique.

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