Le 18 mars, Israël a frappé South Pars — la partie iranienne du plus grand gisement de gaz au monde (l’autre partie étant exploitée par le Qatar). Des installations pétrochimiques situées près de la ville industrielle d’Assalouyeh ont également été visées, ont rapporté les agences iraniennes Tasnim et Mehr.
Les réserves de South Pars sont estimées à 14,2 trillions de mètres cubes de gaz. Selon Reuters, ce volume est suffisant pour couvrir la demande mondiale pendant environ 13 ans. Le gisement représente près de 70 % de la production de gaz en Iran. La majeure partie est consommée sur le marché intérieur, mais une partie est exportée, notamment vers la Turquie et l’Irak. À la suite des frappes israéliennes, Téhéran a suspendu ces livraisons.
L’Irak dépend particulièrement du gaz iranien, qui couvre environ un tiers des besoins de ses centrales électriques. Le ministère de l’Énergie a mis en garde contre des « risques sérieux » pour le système énergétique, tout en affirmant que la situation reste « relativement stable ».
Dans la région, les frappes ont suscité de vives réactions. Le ministère irakien des Affaires étrangères a dénoncé une « grave escalade » et une violation du droit international. Les autorités des Émirats arabes unis ont déclaré que l’attaque constituait une menace pour l’approvisionnement énergétique mondial. Le Qatar a qualifié les actions d’Israël de « dangereuses et irresponsables ».
Après les frappes, l’Iran a annoncé qu’il viserait les infrastructures énergétiques des pays alliés des États-Unis dans la région. Parmi les cibles potentielles figurent des installations en Arabie saoudite, au Qatar et aux Émirats arabes unis.
Dès le soir du 18 mars, l’Iran a attaqué le complexe industriel de Ras Laffan au Qatar — le plus grand centre mondial de production de gaz naturel liquéfié. Des dégâts importants ont été signalés, notamment sur l’installation Pearl GTL. Le lendemain, les frappes se sont poursuivies. QatarEnergy a fait état de nouvelles attaques de missiles visant des installations de GNL et de violents incendies. Le fonctionnement du complexe a été temporairement suspendu.
Le Qatar assure environ 20 % des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié. Toute perturbation de son activité a un impact direct sur les marchés mondiaux. À la suite de l’attaque, Doha a déclaré persona non grata l’attaché militaire iranien et a exigé son départ du pays. L’Arabie saoudite, de son côté, a affirmé se réserver le droit de répondre militairement.
Le président américain Donald Trump a déclaré qu’Israël avait agi de manière indépendante et que Washington n’avait pas été informé à l’avance. Il a toutefois qualifié la frappe iranienne contre le Qatar d’« injustifiée ». Cependant, selon le journaliste d’Axios Barak Ravid, Trump aurait pu être informé de l’attaque et coordonner ses actions avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. D’après cette version, la frappe aurait été une réponse aux tentatives de l’Iran de restreindre les exportations de pétrole via le détroit d’Ormuz. Trump a également affirmé qu’Israël ne mènerait pas de nouvelles frappes contre South Pars, tout en menaçant de « détruire totalement » le gisement en cas de nouvelles attaques iraniennes contre le Qatar.
Dans ce contexte d’escalade, les prix de l’énergie ont fortement augmenté. Le gaz en Europe a bondi de plus de 25 % le matin du 19 mars et se négocie désormais à un niveau plus de deux fois supérieur à celui d’avant le conflit. Les prix du pétrole ont également progressé : le Brent a frôlé les 119 dollars le baril, contre environ 73 dollars avant le début de la guerre.