À l’occasion du quatrième anniversaire de l’invasion à grande échelle, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accordé un entretien au Financial Times. Kyiv parle du « début de la fin » de la guerre, mais ni Moscou ni Washington ne doivent s’attendre à des solutions rapides ou simplistes. Voici les principaux éléments de cette interview.
Selon Zelensky, la Russie et l’Ukraine se trouvent au « début de la fin » du conflit. Mais pour transformer ce moment en véritable tournant, l’Europe doit aller plus loin. Il appelle à fixer une date précise pour l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne — 2027. « J’ai besoin d’une date, je la demande », affirme-t-il.
Sur le terrain diplomatique, Moscou « joue à des jeux » avec les Américains. Zelensky estime que Vladimir Poutine est un « mauvais acteur » et que la Russie cherche avant tout à gagner du temps. Une suspension des combats serait utile à Moscou autant qu’à Kyiv : la Russie mobiliserait environ 40 000 soldats par mois tout en enregistrant près de 35 000 pertes. Pour le président ukrainien, il ne s’agit pas d’une pause, mais d’une fin réelle de la guerre. « L’Ukraine a besoin d’un cessez-le-feu — hier, aujourd’hui, demain. » Toutefois, tout cessez-le-feu sans garanties de sécurité contraignantes comporterait un risque élevé d’effondrement.
Sur certains secteurs du front sud-est, les forces ukrainiennes auraient progressé. L’interdiction de l’utilisation de Starlink par les forces russes aurait contribué à ces avancées.
Zelensky rejette également une hypothèse discutée aux États-Unis : celle selon laquelle Poutine mettrait fin à la guerre si l’Ukraine cédait le Donbass. « Je n’y crois pas », déclare-t-il. « On ne peut pas faire confiance à la Russie. » L’Ukraine, ajoute-t-il, est proche de lancer une production de masse de missiles capables de contourner la défense antiaérienne russe. Le 21 février, des missiles ukrainiens « Flamingo » auraient frappé une usine située en profondeur sur le territoire russe.
Enfin, Zelensky estime que la pression exercée par Donald Trump sur l’Ukraine est plus forte que celle qu’il exerce sur la Russie. Il espère néanmoins que les États-Unis accentueront la pression sur Moscou afin d’arrêter Poutine. Mais, conclut-il, il compte avant tout sur les citoyens ukrainiens, l’armée et les capacités industrielles nationales.