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Venezuela : la crise du pétrole et les perspectives de reprise

Autrefois, le Venezuela figurait parmi les plus grands producteurs de pétrole au monde, et ses exportations constituaient le socle de la prospérité nationale. Cependant, après l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez en 1999, une ère de réformes socialistes, de nationalisations et de gestion administrative de l’économie s’est ouverte. Le résultat fut la dégradation de PDVSA, la fuite des cadres professionnels, un sous-investissement chronique et, en fin de compte, un effondrement catastrophique de la production. En 2020, le Venezuela a atteint un plus bas historique en un siècle à peine 450 000 barils par jour.

Crise pétrole Venezuela actuelle

Dans ce contexte, une opinion largement répandue s’est imposée selon laquelle l’avenir du pétrole vénézuélien serait sans espoir. Les sceptiques affirment que l’industrie est détruite au point que sa reconstruction nécessiterait des décennies et des investissements financiers colossaux. Pourtant, l’économiste et analyste des matières premières de Bloomberg, Javier Blas, propose une lecture bien plus pragmatique de la situation. Selon lui, le Venezuela est capable d’augmenter sa production de 300 000 à 500 000 barils par jour au cours des 12 à 18 prochains mois, sans avoir recours à d’importants investissements en capital.

Le facteur clé réside dans l’existence de réserves dites « facilement accessibles ». Il s’agit de pétrole de haute qualité dont l’extraction ne requiert ni technologies complexes ni investissements de plusieurs milliards de dollars. Ces ressources permettent de remettre relativement rapidement en service des puits et des infrastructures à l’abandon. En substance, il s’agit d’un potentiel de redressement rapide grâce à des capacités déjà existantes, restées longtemps inexploitées.

Blas souligne qu’il a observé à plusieurs reprises de tels scénarios au cours de ses près de 30 années de carrière dans le secteur. Il cite les exemples de l’Irak après 2003, de la Libye après 2011 et de l’Iran entre 2021 et 2023. De plus, le Venezuela lui-même a déjà démontré sa capacité à un rebond inattendu. Après l’effondrement de la production en 2020, peu s’attendaient à une reprise significative, pourtant la production a quasiment doublé en cinq ans. Désormais, selon l’analyste, après une éventuelle chute du régime Maduro, le pays pourrait de nouveau surprendre les marchés à court terme.

Néanmoins, Blas ne sombre pas dans un optimisme excessif. Il souligne clairement que dépasser le seuil de 1,2 à 1,3 million de barils par jour relèverait d’un tout autre défi. À ce stade, il serait impossible de se passer d’investissements majeurs, de la modernisation des raffineries, de la remise en état des réseaux de pipelines et de la participation de compagnies pétrolières internationales. Les principales réserves du Venezuela se trouvent dans les pétroles lourds et extra-lourds de la ceinture de l’Orénoque, dont l’exploitation exige des technologies complexes, des contrats de long terme et un environnement politique stable.

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