Mode Foncé Mode Clair

Trump crée un Conseil de la paix payant : un milliard pour un siège permanent

L’administration de Donald Trump exige une contribution d’au moins un milliard de dollars aux pays souhaitant obtenir un siège permanent au sein du « Conseil de la paix » (Board of Peace) qu’il est en train de créer. C’est ce que rapporte Bloomberg en se référant au projet de statuts de l’organisation. Selon ce document, l’adhésion au Conseil est gratuite, mais les États qui verseront plus d’un milliard de dollars au fonds au cours de la première année obtiendront un statut de membre permanent. Pour les autres pays, la durée de participation sera limitée à trois ans.

Donald Trump deviendra le premier président du Conseil. Il décidera personnellement des invitations adressées aux États, approuvera l’ordre du jour des réunions, fixera leur lieu et leur calendrier, et validera toutes les décisions prises par vote. Officiellement, les décisions seront adoptées selon le principe « un pays — une voix », mais sans l’approbation du président, elles n’entreront pas en vigueur. En outre, Trump disposera du droit d’exclure des membres du Conseil, sauf si cette décision est bloquée par une majorité des deux tiers.

La création du Conseil de la paix est discutée depuis l’instauration du cessez-le-feu dans la bande de Gaza. Le plan de Trump prévoit qu’à la deuxième étape de la trêve, l’administration de Gaza sera confiée à un comité palestinien provisoire, subordonné au nouvel organe international. Selon des sources de Bloomberg, les fonds collectés devraient être affectés à la reconstruction de la région. Des responsables américains affirment que « presque chaque dollar » sera utilisé conformément à cet objectif.

Dans les statuts, le Conseil de la paix est décrit comme une « organisation internationale visant à promouvoir la stabilité et à assurer une paix durable dans les zones de conflit ». Toutefois, les critiques du président américain craignent que Trump ne cherche à créer une alternative à l’ONU. Plusieurs pays, d’après Bloomberg, se sont déjà prononcés contre le projet et préparent une réponse collective, sans en préciser les détails.

Le 16 janvier, la Maison-Blanche a annoncé la composition du conseil exécutif chargé de la gestion de Gaza. Il comprend le secrétaire d’État américain Marco Rubio, l’envoyé spécial pour le Moyen-Orient Steve Witkoff, le gendre du président Jared Kushner et l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair. Des invitations à rejoindre le Conseil ont également été adressées au président argentin Javier Milei, au Premier ministre canadien Mark Carney et au président turc Recep Tayyip Erdoğan. Selon Reuters, des invitations ont aussi été envoyées aux dirigeants de la France, de l’Allemagne et de l’Australie, tandis que l’Union européenne serait représentée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Dans l’une des lettres, le Conseil de la paix est qualifié de « Trump-ONU », qui « ignore les fondements de la Charte des Nations unies ».

Par ailleurs, un conseil exécutif distinct pour Gaza (Gaza Executive Board) a été créé afin de gérer les opérations sur le terrain. Il comprend le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, le diplomate qatari Ali Tavaadi, le chef des services de renseignement égyptiens Hassan Rashad, ainsi que plusieurs autres responsables. Le dirigeant de facto de cette structure sera l’ancien envoyé spécial de l’ONU, Nikolay Mladenov.

En Israël, les projets de Trump ont suscité des critiques. Le bureau du Premier ministre Benyamin Netanyahou a déclaré que la composition du conseil exécutif avait été annoncée sans concertation avec Tel-Aviv et qu’elle allait à l’encontre de la politique israélienne. Netanyahou a chargé le ministre des Affaires étrangères de contacter le secrétaire d’État américain à ce sujet. La Maison-Blanche a rejeté ces accusations. Une source citée par Axios a affirmé que Washington entendait mettre en œuvre le plan pour Gaza de manière autonome, ajoutant que le Premier ministre israélien devrait « se concentrer sur l’Iran ».

Selon Axios, Trump prévoit de lancer officiellement le travail du Conseil de la paix dès cette semaine, lors du Forum économique mondial à Davos, qui se tiendra du 19 au 23 janvier.

Recevez une information neutre et factuelle

En cliquant sur le bouton « S'abonner », vous confirmez que vous avez lu et que vous acceptez notre politique de confidentialité et nos conditions d'utilisation.