La France et l’Allemagne se sont opposées à une adhésion accélérée de l’Ukraine à l’Union européenne, proposant à la place un modèle d’intégration intermédiaire sans accès aux principaux mécanismes du bloc. C’est ce que rapporte Financial Times, citant des documents préparés par Paris et Berlin.
Selon ces propositions, l’Ukraine pourrait obtenir un statut particulier lui permettant de participer aux réunions et aux institutions de l’UE, mais sans droit de vote ni accès au budget européen, y compris aux subventions agricoles. L’Allemagne défend un modèle de « membre associé », tandis que la France évoque le concept d’« État intégré ». Dans les deux cas, il s’agit d’un rapprochement politique sans adhésion pleine et entière.
Comme le souligne le Financial Times, les principales puissances de l’UE ont ainsi rejeté l’initiative de la European Commission, qui proposait auparavant d’assouplir les procédures traditionnelles d’élargissement et d’accorder à l’Ukraine certains avantages de l’adhésion avant même qu’elle ne remplisse tous les critères. La majorité des États membres a jugé cette approche trop risquée. Selon le journal, ce modèle pourrait constituer un compromis permettant d’afficher un soutien politique à Kiev, sans alourdir le budget de l’UE ni perturber l’équilibre institutionnel du bloc.
Le document allemand souligne que ce nouveau statut pourrait être accordé sur la base d’une décision politique des dirigeants européens, contournant ainsi les longues procédures bureaucratiques. De son côté, la France insiste sur le fait que l’intégration progressive doit produire des « résultats tangibles » pour les citoyens des pays candidats, même en l’absence d’une adhésion complète.
À Kiev, cette initiative est accueillie avec prudence. Un responsable ukrainien a qualifié ce modèle de « adhésion de l’ombre » dans un entretien avec le Financial Times. Selon lui, l’Ukraine attend des conditions plus claires et plus équitables, notamment au regard de son rôle dans la sécurité européenne. Le vice-Premier ministre chargé de l’intégration européenne, Taras Katchka, a confirmé que Kiev poursuivait ses échanges avec Paris, Berlin et d’autres capitales européennes. « La situation évolue. Il existe d’autres documents », a-t-il déclaré.
Un autre facteur d’incertitude réside dans la position de la France, qui exige l’organisation d’un référendum avant l’adhésion de chaque nouvel État membre. Cela pourrait ralentir considérablement le processus, même en cas de consensus politique au niveau des gouvernements.