Mode Foncé Mode Clair

Ormuz fermé : la trêve États-Unis–Iran au bord de l’effondrement

La trêve entre les États-Unis et l’Iran est sur le point de s’effondrer. Il reste moins de vingt-quatre heures avant la fin du cessez-le-feu, mais aucun accord durable ne se profile. Le détroit d’Ormuz est de nouveau fermé, les incidents militaires se poursuivent et l’avenir des négociations demeure incertain.

L’escalade a commencé avec la saisie du porte-conteneurs iranien Touska. Les forces américaines ont frappé le navire, qui faisait route de la Chine vers Bandar Abbas, avant que des marines ne montent à bord. À Téhéran, ces actions ont été qualifiées de violation de la trêve et d’acte de piraterie. En réponse, les forces iraniennes ont attaqué plusieurs navires militaires américains à l’aide de drones. De facto, les deux parties ont franchi les limites du cessez-le-feu, sans l’annoncer officiellement.

La situation autour du détroit d’Ormuz s’est rapidement détériorée. Le 17 avril, l’Iran a annoncé la réouverture temporaire du passage aux navires commerciaux, avant de le refermer dès le lendemain. Téhéran a explicitement lié cette décision au blocus des ports iraniens imposé par Washington le 12 avril, affirmant qu’aucune navigation libre ne serait autorisée tant que ces restrictions resteraient en place. Peu après, plusieurs navires tentant de traverser le détroit ont été pris pour cible.

Le trafic dans le détroit d’Ormuz est pratiquement à l’arrêt. Selon les données des services de suivi, seuls quelques navires l’ont franchi ces dernières heures, contre plus d’une vingtaine par jour récemment. Il s’agit de flux de pétrole, de gaz naturel liquéfié et d’autres cargaisons stratégiques dont dépendent directement les marchés mondiaux.

Dans ce contexte, les États-Unis tentent de maintenir une dynamique de négociation. Donald Trump a déclaré qu’une délégation américaine se rendrait à Islamabad pour poursuivre le dialogue avec l’Iran. Selon lui, « le concept de l’accord est déjà validé » et les parties ont des chances de le finaliser. Dans le même temps, la rhétorique de Washington reste dure : en cas d’échec des négociations, Trump a menacé de détruire des infrastructures clés en Iran.

Téhéran, de son côté, n’a pas confirmé sa participation aux discussions. D’après les médias iraniens, les autorités ne comptent pas envoyer de délégation au Pakistan tant que les États-Unis maintiennent leur blocus maritime. Parmi les principaux griefs figurent les « exigences excessives » de Washington, ses déclarations contradictoires et ses menaces. En Iran, certains responsables n’excluent pas que les négociations servent de couverture à une intensification de la pression, voire à une opération militaire.

Malgré cette incertitude, Islamabad poursuit les préparatifs du deuxième cycle de négociations. Celui-ci pourrait représenter la dernière opportunité de prolonger la trêve, qui expire le 21 avril. Toutefois, au vu du niveau actuel de méfiance, le risque d’un échec des pourparlers reste élevé.

Les marchés réagissent déjà à cette évolution. Les prix du pétrole ont progressé d’environ 5 %, effaçant une partie de leur récente baisse liée à la brève réouverture du détroit. La volatilité s’est également accrue sur les marchés financiers, les investisseurs intégrant désormais le risque d’une nouvelle escalade.

Recevez une information neutre et factuelle

En cliquant sur le bouton « S'abonner », vous confirmez que vous avez lu et que vous acceptez notre politique de confidentialité et nos conditions d'utilisation.