Les Émirats arabes unis envisagent de geler des actifs iraniens d’une valeur de plusieurs milliards de dollars déposés dans le pays. C’est ce que rapporte The Wall Street Journal, citant des sources proches des discussions au sein des autorités émiraties. Selon ces sources, des responsables des Émirats auraient déjà averti en privé des représentants iraniens de possibles mesures de rétorsion après les tirs de missiles et de drones visant le territoire du pays. Ces derniers jours, Téhéran a mené des frappes contre plusieurs États de la région qu’il considère comme des alliés des États-Unis, notamment les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Koweït.
Pendant de nombreuses années, les Émirats arabes unis ont constitué l’un des principaux centres financiers pour les entreprises et les particuliers iraniens. Après le durcissement des sanctions occidentales, de nombreuses structures commerciales iraniennes ont transféré leurs opérations dans les Émirats, profitant de l’infrastructure bancaire et commerciale du pays. Par l’intermédiaire de sociétés écrans enregistrées dans les Émirats, des structures iraniennes ont pu continuer à exporter du pétrole et à percevoir des recettes en devises. Selon des sources occidentales et régionales, une partie de ces fonds aurait été utilisée pour financer des programmes militaires et des groupes armés soutenus par Téhéran au Moyen-Orient. Une éventuelle mesure de gel pourrait ainsi viser non seulement des comptes officiels, mais aussi un vaste réseau de sociétés intermédiaires créées pour contourner les sanctions.
Les sources du The Wall Street Journal précisent que les principales cibles de ces mesures seraient les comptes et structures liés au Corps des gardiens de la révolution islamique. Cette organisation joue un rôle central dans le système militaire et économique iranien et contrôle une part importante des opérations financières extérieures du pays.
Outre le gel direct des actifs, les autorités émiraties envisagent également d’autres instruments de pression. Parmi eux figurent des contrôles à grande échelle des bureaux de change et des intermédiaires financiers par lesquels des fonds iraniens sont transférés en contournant les canaux bancaires officiels. Ces structures sont souvent utilisées pour les transferts transfrontaliers et les règlements en dehors du système bancaire international.
Ces mesures financières sont discutées dans un contexte d’escalade rapide du conflit dans la région. Le 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes massives contre le territoire iranien. En réponse, Téhéran a élargi la géographie de ses attaques, lançant des drones et des missiles contre Israël ainsi que contre plusieurs États du Golfe persique où sont stationnées des bases militaires américaines. L’Iran affirme viser uniquement des installations militaires américaines et celles de leurs alliés, mais plusieurs frappes ont également touché des infrastructures civiles.