Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il envisageait plusieurs options « très dures » à l’encontre de l’Iran, où des manifestations antigouvernementales massives se poursuivent depuis plus de deux semaines. Selon The Wall Street Journal, Washington a averti ses alliés au Moyen-Orient d’une possible préparation de frappes contre le territoire iranien. La forme exacte d’une éventuelle intervention américaine n’a pas encore été officiellement annoncée. Le quotidien britannique The Telegraph a examiné quatre scénarios possibles.
« Frappes symboliques »
Le premier scénario prévoit des frappes aériennes limitées, à caractère essentiellement démonstratif. Leur objectif serait d’envoyer un signal à Téhéran sur l’inadmissibilité de répressions brutales contre les manifestants et de confirmer les menaces de Donald Trump de recourir à la force en cas de massacres de civils.
Les cibles potentielles pourraient être des installations liées au programme nucléaire iranien ainsi que des bases du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Pour renforcer l’effet, les États-Unis pourraient théoriquement frapper une institution officielle située directement à Téhéran. Une telle opération ne nécessiterait pas de renforts militaires supplémentaires : les forces américaines déjà déployées dans le golfe Persique suffiraient.
Selon The Telegraph, ce signal pourrait contraindre le régime à alléger la répression. Toutefois, un risque inverse existe : si les frappes sont trop « symboliques », les autorités iraniennes pourraient conclure que les États-Unis ne sont pas réellement prêts à intervenir.
Bombardements massifs et prolongés
Le deuxième scénario est celui d’une campagne militaire à grande échelle visant le renversement du régime. Dans ce cas, les frappes ne viseraient pas seulement les quartiers généraux des forces de sécurité, mais aussi les nombreuses bases du CGRI à travers tout le pays.
Le journal rappelle qu’en juin 2025, l’aviation israélienne a attaqué des cibles iraniennes pendant près de deux semaines, sans parvenir à provoquer un changement de pouvoir. Dans une opération américaine, l’ampleur des frappes devrait donc être bien plus importante. Les cibles pourraient inclure non seulement des infrastructures militaires, mais aussi les médias d’État, les tribunaux et les parquets, des piliers du système de contrôle.
Pour mener une telle campagne, les États-Unis devraient déployer des forces supplémentaires, notamment des groupes aéronavals. Le plus proche se trouve actuellement en mer de Chine méridionale, à plusieurs milliers de kilomètres de la région. L’utilisation des bases aériennes alliées n’est pas garantie non plus, de nombreux pays craignant des représailles iraniennes.
En outre, il existe un risque que face à une agression extérieure, la société iranienne se rassemble au contraire autour du pouvoir en place.
L’assassinat d’Ali Khamenei
Le troisième scénario envisage l’élimination du guide suprême iranien, Ali Khamenei. La crise économique à l’origine des manifestations ne peut être résolue sans la levée des sanctions. Beaucoup de membres de l’élite en sont conscients, mais pas Khamenei lui-même. Son élimination pourrait ouvrir la voie à une « transformation en douceur » du régime.
Selon The Telegraph, l’administration Trump serait euphorique après l’opération ayant conduit à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro, ce qui pourrait rendre ce scénario attrayant. À Washington, on pourrait miser sur un éclatement interne du régime et l’émergence de figures prêtes à faire des concessions aux États-Unis, abandon des ambitions nucléaires et assouplissement de la répression.
Cependant, les risques sont considérables. Premièrement, les manifestants pourraient percevoir d’éventuels accords entre Washington et des représentants du régime comme une trahison. Deuxièmement, Khamenei n’est pas seulement un dirigeant politique, mais aussi une autorité religieuse pour les chiites, et son assassinat pourrait déstabiliser tout le Moyen-Orient et conduire à un conflit majeur.
Cyberguerre
Le quatrième scénario consiste à renoncer à une intervention militaire directe au profit d’un soutien aux manifestants. Les États-Unis pourraient intensifier les cyberattaques afin de contourner la censure, assurer la communication entre activistes et monde extérieur, ainsi qu’organiser la contrebande massive de terminaux Starlink pour permettre l’accès à Internet.
Parallèlement, Washington pourrait attaquer les réseaux gouvernementaux iraniens, perturbant la coordination entre forces de sécurité et responsables politiques.
Cependant, selon certains analystes, le moment serait déjà passé. De telles mesures auraient pu être efficaces dans les premiers jours des manifestations. Aujourd’hui, écrit The Telegraph, sans intervention extérieure directe, le régime serait probablement en mesure d’écraser le mouvement de protestation.