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«Nous connaissions Téhéran aussi bien que Jérusalem». Comment le renseignement israélien a surveillé pendant des années l’élite iranienne grâce aux caméras routières
Ali Khamenei tué. Il a dirigé l’Iran pendant près de quatre décennies. Voici ce qu’ont été ces années

«Nous connaissions Téhéran aussi bien que Jérusalem». Comment le renseignement israélien a surveillé pendant des années l’élite iranienne grâce aux caméras routières

L’assassinat du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, lors du premier jour de la nouvelle guerre menée par les États-Unis et Israël contre la République islamique est le résultat de plusieurs années de préparation par les services de renseignement. Selon le Financial Times, qui cite des sources au sein des services de sécurité, les services israéliens ont eu accès pendant des années au système de caméras de surveillance routière de Téhéran, ce qui leur a permis d’observer en temps réel la vie quotidienne et les déplacements de l’élite iranienne.

D’après les interlocuteurs du journal, le renseignement israélien est parvenu à pirater une grande partie des caméras contrôlant la circulation dans la capitale iranienne. Les images étaient transmises sous forme chiffrée vers des serveurs situés en Israël. Les analystes pouvaient ainsi suivre les déplacements des véhicules utilisés par les gardes du corps et les chauffeurs des plus hauts responsables iraniens. L’une des caméras clés se trouvait près d’un endroit où les voitures utilisées par la direction du pays étaient régulièrement stationnées. De tels points d’observation ont permis de reconstituer progressivement une image très précise du fonctionnement des services de sécurité iraniens.

Au fil du temps, les services israéliens ont constitué des dossiers détaillés sur les agents de sécurité et les chauffeurs des hauts responsables. Les analystes ont pu identifier leurs lieux de résidence, les itinéraires qu’ils empruntaient, leurs horaires de travail et les véhicules qu’ils accompagnaient. Surtout, ils ont pu déterminer précisément quelles personnalités ils transportaient et protégeaient. Le renseignement israélien a ainsi fini par disposer d’une vision presque complète du quotidien de l’élite politique et sécuritaire iranienne. « Nous connaissions Téhéran aussi bien que Jérusalem », a confié au Financial Times l’un des responsables du renseignement.

Ces informations ont joué un rôle central dans la préparation de l’opération visant la direction iranienne. Selon les sources du journal, la décision finale de lancer les frappes a été prise après que les services de renseignement américains et israéliens ont confirmé qu’Ali Khamenei devait rencontrer plusieurs hauts responsables dans sa résidence à Téhéran dans la matinée du 28 février. Cette information a notamment été obtenue grâce à l’analyse des données provenant des caméras de surveillance. Elle a été confirmée aux Américains par un informateur présent en Iran, selon les sources du Financial Times.

Le président américain Donald Trump a donné l’ordre de lancer les bombardements alors qu’il se trouvait à bord de l’avion présidentiel en route vers le Texas. Les forces américaines ont préparé le terrain pour l’attaque israélienne : selon le chef d’état-major interarmées américain, le général Dan Caine, les États-Unis ont mené une cyberopération de grande ampleur qui a « perturbé, affaibli et aveuglé » les systèmes de défense iraniens. Dans le même temps, Israël a neutralisé des dizaines d’antennes de téléphonie mobile autour de Téhéran, empêchant la garde de Khamenei de recevoir à temps une alerte sur l’attaque imminente.

Selon les sources du Financial Times, la décision d’éliminer Khamenei et plusieurs autres hauts responsables du régime iranien dès le premier jour de la guerre s’explique par la crainte qu’ils ne se réfugient dans des bunkers protégés après le début des bombardements. L’aviation israélienne a largué jusqu’à trente bombes sur la résidence du guide suprême. La frappe s’est révélée fatale : Ali Khamenei a été tué avec plusieurs membres de sa famille.

Les autorités iraniennes ont officiellement confirmé la mort du guide suprême. Après sa disparition, le pouvoir a été provisoirement transféré à un conseil de transition composé de trois personnes : le président Massoud Pezeshkian, le chef du pouvoir judiciaire Gholam-Hossein Mohseni-Ejei et le membre du Conseil des gardiens, l’ayatollah Alireza Arafi.

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