Il s’agit du résumé le plus concis de l’allocution du président de la République, au cours de laquelle il a annoncé une évolution de la stratégie française de dissuasion nucléaire. Le texte ne constitue pas une retranscription littérale : les propos ont pu être reformulés, condensés ou réorganisés afin d’en assurer la cohérence, tout en respectant pleinement le sens des déclarations.
Nous sommes entrés dans une période de bouleversements géopolitiques majeurs. Les conflits à travers le monde deviennent plus intenses. Des États dotés de l’arme nucléaire y sont directement impliqués. Le risque de franchissement du seuil nucléaire augmente. Pour demeurer libres, nous devons inspirer la crainte. Quiconque envisagerait d’attaquer la France doit savoir le prix qu’il aurait à payer. C’est pourquoi nous faisons évoluer notre stratégie de dissuasion.
La France lance la construction d’un nouveau sous-marin qui sera équipé de missiles balistiques. Le nombre d’ogives nucléaires sera augmenté, et nous ne communiquerons plus publiquement sur le volume exact de notre arsenal. Il ne s’agit pas d’entrer dans une course aux armements. Notre doctrine nucléaire conserve ses fondements : une vocation strictement défensive, le refus de toute guerre nucléaire, et une distinction claire entre armements conventionnels et nucléaires.
La stratégie de dissuasion intégrera désormais une dimension européenne accrue : d’autres pays de l’Union européenne y seront associés, et nos forces aériennes stratégiques seront déployées à l’échelle du continent.
Les règles internationales sont fragilisées. Il faut regarder la situation avec lucidité : chacun s’autorise désormais des écarts. Les Européens se sont longtemps habitués à fonder leur sécurité sur des règles définies par d’autres. Le contexte actuel exige une approche différente. Les cinquante prochaines années seront marquées par le retour central du fait nucléaire.