Les États-Unis entendent revoir l’accord de défense conclu avec le Danemark en 1951 afin de lever toutes les restrictions à leur présence militaire au Groenland et de renoncer à l’obligation d’informer Copenhague de leurs actions sur l’île, rapporte Bloomberg en citant des sources.
Il s’agit d’un accord qui accorde déjà aux forces armées américaines un large accès au Groenland pour mener des opérations, y compris la construction et l’exploitation de bases militaires. La version actuelle prévoit toutefois que les États-Unis doivent « informer » le Danemark et les autorités du Groenland, ainsi que les consulter avant toute « modification substantielle » des opérations et des infrastructures militaires. Selon les sources de Bloomberg, les négociateurs américains souhaitent modifier cette formulation afin de garantir l’absence de toute contrainte dans la mise en œuvre de leurs plans. Les détails de l’accord restent à ce stade en cours de discussion.
Dans une interview accordée à Fox Business le 22 janvier, le président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis obtiendraient « tout l’accès militaire qu’ils souhaitent ». « Nous pourrons déployer au Groenland tout ce qui est nécessaire, parce que nous le voulons. En pratique, il s’agit d’un accès total, sans aucune limitation de temps ou de durée », a-t-il affirmé.
Bloomberg souligne qu’il reste incertain que le Danemark et le Groenland acceptent de telles modifications. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a précédemment indiqué que le Danemark et le Groenland étaient ouverts à un « élargissement supplémentaire » de l’accord de 1951, sans toutefois fournir davantage de précisions.
Dans le cadre d’un éventuel accord sur le Groenland, une initiative visant à interdire aux pays non membres de l’OTAN d’obtenir des droits d’exploitation des minerais de terres rares sur l’île est également discutée, écrit le New York Times en citant des sources. Selon celles-ci, les restrictions viseraient en priorité la Chine et la Russie.
Axios rapportait auparavant que le projet d’accord sur le Groenland prévoit le maintien de la souveraineté danoise sur l’île. Les États-Unis obtiendraient toutefois des droits élargis pour la construction de bases et la création de « zones de défense ». Il est également envisagé que les États-Unis puissent déployer au Groenland des éléments du système de défense aérienne « Golden Dome », dont Donald Trump avait parlé auparavant. Selon les sources d’Axios, le plan inclut en outre des possibilités de développement conjoint des ressources naturelles de l’île avec le Danemark.