Au Royaume-Uni, le Green Party of England and Wales, longtemps considéré comme une petite formation politique de niche, connaît une croissance rapide de sa popularité et de ses effectifs. Selon les dernières données, le nombre de membres du parti a dépassé les 200 000 personnes. À l’automne dernier, les Verts ont pour la première fois dépassé en nombre d’adhérents le Conservative Party (UK) — l’une des deux grandes forces traditionnelles de la politique britannique.
La croissance a commencé après l’arrivée d’un nouveau dirigeant
De nombreux observateurs relient cette hausse d’intérêt pour le parti à l’élection de son coprésident, le militant et homme politique Zack Polanski. Après son arrivée à la direction, le parti a commencé à croître rapidement, ce que montrent clairement les statistiques d’adhésion.

Polanski a 43 ans. Son vrai nom est David Polden. Il explique avoir changé de nom pour se distancer de sa famille et souligner ses origines : ses ancêtres étaient des Juifs ashkénazes originaires de Pologne et de Lettonie. Il dit avoir choisi le prénom Zack en référence à un personnage de son livre d’enfance préféré, Goodnight Mister Tom. Avant de se lancer en politique, Polanski travaillait comme hypnothérapeute. Il a également exercé le métier d’acteur de théâtre.
Qui soutient les Verts
Les études sociologiques montrent que le parti dispose d’une base électorale assez claire. Son principal électorat est constitué de jeunes électeurs, en particulier des femmes. Dans de nombreux pays occidentaux, ce groupe social s’est nettement déplacé vers la gauche ces dernières années.
L’idéologie du parti combine une forte dimension écologique avec des revendications sociales. Parmi les principaux points du programme : la lutte contre le changement climatique, l’élargissement des programmes sociaux, la nationalisation de grandes entreprises dans les secteurs des infrastructures et une politique migratoire libérale. Il s’agit, dans l’ensemble, du programme classique des partis écologistes européens, que de nombreux politologues décrivent comme une forme de libertarianisme de gauche.
Une position très critique envers Israël
En politique étrangère, Polanski adopte des positions assez tranchées. Malgré ses origines juives, il soutient activement la cause palestinienne et critique vivement la politique du gouvernement israélien. Il a accusé Israël de « génocide dans la bande de Gaza » et a qualifié le pays d’« État fasciste ». En cas d’arrivée des Verts au pouvoir, les relations entre Londres et Israel pourraient donc se détériorer sensiblement.
Certains analystes parlent d’une dynamique tactique
Toutefois, tout le monde ne pense pas que les Verts soient réellement en mesure de remporter les prochaines élections. Certains commentateurs britanniques estiment que leur montée en puissance pourrait aussi servir les intérêts d’une partie de l’establishment politique. Aujourd’hui, la principale menace pour les partis traditionnels est souvent considérée comme étant le parti populiste de droite Reform UK, dirigé par Nigel Farage. Celui-ci gagne rapidement en popularité sur fond de crise migratoire et de mécontentement économique. Selon cette analyse, la progression des Verts pourrait contribuer à fragmenter le vote protestataire et ainsi réduire les chances de victoire des populistes de droite.