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«Il s’agit d’une guerre liée à l’effondrement de l’Union soviétique». Une interview avec Vladimir Brovkin

Vladimir Brovkin est professeur émérite à l’Université de Harvard, spécialiste de l’histoire soviétique et la guerre civile russe. Ses travaux portent sur les dynamiques politiques et sociales des changements de régime, la violence d’État et les transitions post-impériales. Ils les mobilisent aujourd’hui pour tenter de rendre compte des évolutions de l’ordre international et de la guerre qui oppose la Russie à l’Ukraine.

Guillaume de Sardes: La guerre en Ukraine dure maintenant depuis plus de quatre ans. Avec le recul qu’offre le temps, comment l’analysez-vous ? Où en sommes-nous dans cette guerre ?  Est-elle entrée dans une phase de stabilisation durable ou pensez-vous que des basculements conduisant à une victoire militaire décisive restent possibles ? Pensez-vous qu’une paix puisse être signée cette année, ou bien le conflit va-t-il encore durer au moins jusqu’en 2027 ?

Vladimir Brovkin : Pour analyser correctement cette guerre, il faut comprendre que les objectifs de la Russie n’ont cessé d’évoluer. L’objectif initial était de contraindre l’Ukraine à respecter les accords de Minsk. Lorsque Poutine s’est adressé à la nation le 24 février 2022, il était absolument clair. Il a dit qu’il n’avait aucune intention de conquérir ou d’occuper l’Ukraine. Le plan consistait simplement à exercer une forte pression sur le gouvernement ukrainien.

Cet objectif a été atteint dès le mois d’avril. Les troupes russes se trouvaient aux abords de Kiev et de Kharkov, elles avaient pris une grande partie des deux régions du Donbass ainsi que Kherson et Zaporijjia. Une négociation avait eu lieu avec les Ukrainiens et un protocole d’accord avait été signé à Istanbul. Mais Boris Johnson est intervenu et a convaincu Zelensky de poursuivre la guerre, l’assurant du soutien occidental. La guerre a alors pris une direction totalement différente, défavorable à la Russie. 

Pendant environ un an, la Russie, mal préparée, a connu des revers. On pourrait dire qu’elle perdait. C’est important, car cela a donné aux Ukrainiens l’impression qu’une victoire était possible. Cette période correspond aux revers russes de 2022. En 2023, l’Ukraine a lancé une grande contre-offensive. C’est à ce moment-là que tous les médias occidentaux affirmaient que l’Ukraine était en train de gagner. Zelensky parcourait le monde avec son « plan de victoire ». En quoi consistait ce plan ? Percer jusqu’à la mer d’Azov pour couper la Crimée de la Russie au nord, et faire sauter le pont de Kertch pour la couper de la Russie à l’est. Faute d’approvisionnement en eau, en nourriture et en ressources, son maintien serait devenu extrêmement difficile, voire impossible. Mais ce plan n’a pas fonctionné. La ligne Surovikin a tenu, les Russes ont arrêté les soldats ukrainiens qui n’ont même pas franchi la première ligne de défense.

En 2024, l’armée russe réorganisée a repris l’initiative qu’elle a conservée jusqu’à aujourd’hui. Il s’agit d’une offensive très particulière et difficile. Beaucoup se demandent pourquoi l’avancée russe est si lente. Certains y voient un signe de faiblesse de la Russie. C’est une interprétation erronée. Cette lenteur s’explique par une transformation profonde de la nature de la guerre. L’époque des grandes armées et des concentrations de chars est révolue. Les chars sont devenus presque inutiles, ils sont désormais utilisés comme des pièces d’artillerie. Nous sommes entrés dans l’ère des drones. Les rapports militaires indiquent qu’il y a environ dix drones en vol pour chaque soldat. Cela rend toute concentration de forces pratiquement impossible, et c’est pourquoi l’avancée est si lente. Les unités avancent en petits groupes pour éviter d’être repérées, pénètrent dans les zones ciblées, sécurisent des positions stratégiques, puis sont soutenues par des drones et l’aviation. L’idée n’est plus de tenir une ligne de front continue, mais d’encercler progressivement les localités, village par village, et d’avancer lentement. C’est ce qui se passe depuis la prise d’Avdeïevka en janvier 2024.

En 2024, les objectifs de Poutine ont évolué. Il a annoncé que les conditions russes pour la paix incluaient désormais quatre régions, plus la Crimée, un statut de neutralité pour l’Ukraine, l’absence d’adhésion à l’OTAN, ainsi que des garanties pour la langue russe et l’Église russe. Cela est resté la position officielle jusqu’à aujourd’hui.

Pour ce qui est d’un accord de paix signé cette année, ce ne serait possible que si les Ukrainiens acceptaient l’ensemble de ces conditions. Et je suis certain qu’une autre exigence serait posée : l’organisation d’élections libres et équitables afin de remplacer le régime de Zelensky. Or la manière dont cela pourrait être mis en œuvre – même si cela n’est pas irréalisable – n’est pas évidente. Pour l’instant, la guerre semble devoir se poursuivre.

Selon vous, les objectifs territoriaux russes peuvent-ils encore évoluer ? Le professeur John J. Mearsheimer affirme par exemple que la Russie pourrait avoir intérêt à prendre Odessa et sa région, afin de couper l’Ukraine de la mer Noire pour en faire un état durablement dysfonctionnel.  

Les signaux venant de Moscou à propos d’Odessa sont contradictoires. M. Poutine n’a jamais vraiment dit clairement si la Russie allait prendre Odessa ou non. Je pense que c’est possible, mais pas inéluctable. Tout dépend du type de gouvernement en place en Ukraine. Si Zelensky reste, ou s’il est remplacé par Zaloujny ou par un « bandériste », alors, très probablement, les Russes iront jusqu’à Odessa. Autrement dit, plus le gouvernement ukrainien sera perçu comme hostile, plus la Russie annexera de territoire. À l’inverse, s’il y a des élections libres et un gouvernement favorable à la Russie, il n’est pas impossible qu’Odessa reste ukrainienne.

Je vois donc trois scénarios possibles. Le premier est celui que j’ai évoqué plus haut et qui correspond aux exigences actuelles russes (les quatre oblasts plus la Crimée, un statut de neutralité, l’absence de troupes de l’OTAN sur le territoire ukrainien, etc.). Il faudrait également des garanties qui pourraient être offertes par l’ONU, par des troupes chinoises, que sais-je encore. Mais les Russes exigeront la garantie que les engagements ukrainiens ne seront pas abandonnés dans un an. 

Le deuxième scénario, que beaucoup de Russes jugent préférable, serait l’effondrement complet du régime de Zelensky. Les différentes régions ukrainiennes pourraient alors proclamer leur indépendance et choisir vers qui se tourner. Celles qui souhaiteraient rester avec l’Ukraine resteraient, celles qui souhaitent rejoindre la Russie le feraient, comme probablement Odessa et Nikolaev et peut-être Kharkov et Dniepropetrovsk. Car d’après ce que j’entends à Odessa, la majorité de la population attend l’arrivée des Russes. C’est moins certain pour Kharkov, où de nombreux Ukrainiens de l’Ouest se sont installés ces dix dernières années. 

Le troisième scénario verrait l’Ukraine se diviser en trois parties. La Novorossia, dans son ensemble, deviendrait russe. L’Ukraine centrale deviendrait indépendante et amicale envers la Russie, à l’image du Bélarus. Quant à l’Ukraine occidentale, les Russes n’en veulent pas. Ils ne le disent pas ouvertement mais, même s’ils pouvaient la prendre, ils ne le feraient pas. Ce serait un État séparé, de type « bandériste », comme on dit en Russie. La question de son éventuelle adhésion à l’Union européenne resterait ouverte – peut-être oui, peut-être non – mais il ne ferait certainement pas partie du « monde russe ». Idéalement, du point de vue russe, cet état ne devrait pas être membre de l’OTAN ni devenir un avant-poste dirigé contre la Russie. 

Certains analystes russes, comme Fyodor Lukyanov, ont suggéré que la guerre en Ukraine marque la fin de l’ordre international issu de la fin de la guerre froide. Partagez-vous cette analyse ? La guerre vous paraît-elle être un conflit régional ou un tournant systémique dans les relations internationales ?

Il y a encore trois semaines, j’aurais répondu que oui, qu’il s’agit d’une rupture systémique de l’ordre international issu de l’après-guerre. Mais aujourd’hui, je ne le pense plus. Je considère en revanche que la guerre en Iran a changé la donne et que rien ne reviendra plus comme avant. 

Par comparaison, la guerre en Ukraine ne constitue pas une rupture de l’ordre international, car, à proprement parler, il s’agit d’une guerre liée à l’effondrement de l’Union soviétique. C’est une sorte de réaction différée à cet événement.

Lorsque l’Ukraine, la Russie et le Bélarus ont quitté l’Union soviétique, l’idée, inscrite notamment dans la Constitution ukrainienne de 1991, était d’établir des frontières ouvertes, une libre circulation des personnes, des idées, à l’image de l’Union européenne, ainsi qu’un statut non aligné. Sur cette base, la Russie avait accepté le principe : nous serons indépendants, mais nous resterons proches au sein de la CEI. Le modèle envisagé était, j’y insiste, celui de l’Union européenne.

Mais à partir de la révolution « orange » de 2004, l’Ukraine a commencé à s’orienter davantage vers l’Ouest. Je pense que l’Union européenne porte une grande part de responsabilité dans l’émergence du conflit qui a lieu aujourd’hui, car en 2014, ce sont les Européens qui ont poussé l’Ukraine à devenir membre associé. Une autre politique aurait été possible : proposer ce statut à la fois à l’Ukraine et à la Russie. En d’autres termes, les Européens ont choisi d’intégrer l’Ukraine en tant qu’« anti-Russie ». Les conséquences étaient prévisibles et de nombreux analystes les avaient d’ailleurs prévues.

Il faut comprendre une chose : les Russes se perçoivent comme Européens. Ils ne sont ni Chinois ni Indiens. Culturellement, ils sont européens. Si l’on pense à l’Europe en 1913, Saint-Pétersbourg était au même niveau que Vienne, Paris, Londres ou Berlin. C’était l’une des grandes capitales culturelles de l’Europe, avec Dostoïevski, Tchaïkovski, Tchekhov et bien d’autres, dont les œuvres sont encore jouées aujourd’hui dans les théâtres européens. Ainsi, lorsque les Européens ont affirmé que l’Ukraine était l’Europe mais que la Russie ne l’était pas, cela a été perçu comme une véritable humiliation. Pour moi, c’en est une. Je suis né à Saint-Pétersbourg : qu’y a-t-il de plus européen que cette ville ? Nous nous sommes toujours considérés comme européens. 

Le politologue Sergey Karaganov affirme que le conflit doit être compris comme un affrontement existentiel entre la Russie et l’Occident. Selon vous, dans quelle mesure cette lecture domine-t-elle aujourd’hui les cercles stratégiques russes ?

Quand des responsables européens, ou des Ukrainiens soutenus par les Européens, affirment que la Russie devrait être divisée en cinq provinces et que Kaja Kallas continue de le dire – ce qui est incroyable pour une position officielle, puisqu’elle ne représente pas seulement l’Estonie mais l’Union européenne – alors Sergey Karaganov a raison : il s’agit bien d’un conflit existentiel. Cependant, je ne pense pas que cela ait la moindre chance de se réaliser. La Russie est une superpuissance. Elle possède probablement aujourd’hui l’armée la plus puissante du monde. Elle a une cohésion nationale qui s’étend de la Biélorussie à Vladivostok. Tabler sur son éclatement est irréaliste. 

Concernant les cercles qui, en Russie, partagent la vision de Karaganov et sont fortement hostiles à l’Occident, la question est très complexe. Il existe des Russes qui détestent profondément l’Occident, au point de dire, comme Vladimir Solovyov, qu’il faudrait recourir à l’arme nucléaire. Je ne pense cependant pas qu’ils soient réellement sérieux à ce sujet. C’est de la rhétorique. Je pense en revanche qu’ils le sont quand ils réclament des ripostes symétriques. Par exemple, quand ils affirment que, s’il est prouvé que les Britanniques ou les Français ont fourni des renseignements pour frapper Briansk, alors la Russie devrait détruire une cible équivalente en Angleterre ou en France, comme une usine produisant des missiles Storm Shadow. Autre exemple : après qu’un pétrolier russe a été saisi par les Français, un général russe recommandait à la télévision de couler le navire de patrouille français responsable, pour donner une leçon à la France. Ce type de réponses dures à des actions hostiles est soutenu par de nombreuses personnes, notamment dans les émissions de Soloviev, ainsi que par de nombreux généraux. L’armée est particulièrement hostile à ce qu’elle appelle les « sponsors du régime de Kiev ».

Par chance, je ne crois pas que Poutine ou un gouvernement russe sérieux agirait ainsi, car ce serait une déclaration de guerre. 

À l’opposé des courants les plus radicaux, il y a des figures comme celles de Kirill Dmitriev et de nombreux hommes d’affaires. Ceux-ci continuent de travailler avec les Européens. Ils considèrent que le problème vient des gouvernements, pas de leurs partenaires européens. Ils souhaitent un retour à la normale et une reprise des relations économiques.

La population russe, dans son ensemble, se situe entre ces deux positions. Elle est très sensible aux attaques contre les infrastructures russes, notamment à Briansk ou à Belgorod, où les habitants en subissent directement les conséquences. Mais je ne dirais pas que la population est hostile à l’Occident dans son ensemble. Non, pas de manière générale. L’hostilité vise plutôt des dirigeants comme Emmanuel Macron, Keir Starmer, Friedrich Merz ou Kaja Kallas, c’est-à-dire les élites dirigeantes européennes, et non l’Occident dans son ensemble, ni même des pays spécifiques.

Dans une interview du 14 mars 2026 au quotidien belge L’Écho, le premier ministre belge, M. Bart De Wever, a déclaré : « Nous devons normaliser les relations avec la Russie et retrouver l’accès à une énergie bon marché. » Sans surprise, cette déclaration a été accueillie froidement par ses collègues européens. Pensez-vous qu’une fois la guerre terminée, les relations entre l’Union européenne et la Russie pourront reprendre, ou bien est-ce que nous nous dirigeons vers une division durable du continent ?

Ce qu’a dit M. Bart De Wever n’a rien de nouveau. L’Union européenne n’a pas de ressources énergétiques propres, et elle ne peut rien y changer. La Russie est un partenaire indispensable et naturel : en raison de la géographie et de la manière dont les choses se sont construites historiquement. On ne peut pas remplacer sans surcoûts la Russie par le Qatar ou par les États-Unis. Tout ce qui vient des États-Unis est plus cher. Leur modèle économique repose sur des marges élevées. Il y a également d’autres facteurs : les coûts de main-d’œuvre, d’extraction et de transport.

En ce sens, De Wever n’a fait qu’exprimer une réalité. Il n’est d’ailleurs pas le seul à en avoir conscience. Il y a quelques années, Marine Le Pen tenait des propos similaires. Il existe aujourd’hui en Europe de nombreuses personnes lucides et raisonnables, notamment dans les milieux économiques, qui restent aujourd’hui silencieuses mais souhaitent un retour à des relations normales avec la Russie. Je pense que c’est sur ces personnes que M. Vladimir Poutine compte.

De manière générale, je pense que, malgré la guerre, les Russes restent plutôt bien disposés envers les Européens. Si la guerre prend fin, les relations pourraient se normaliser en quelques années. Car, malgré tous les efforts de réorientation vers la Chine, qui est un partenaire important et respecté, les Russes restent fondamentalement européens. Je ne crois donc pas que nous nous dirigions vers une division permanente du continent. Tout dépendra bien sûr de la manière dont la guerre se terminera et du type d’accord qui sera conclu. Mais s’il y a un vrai règlement du conflit, les relations pourront progressivement reprendre.

Le coût de la guerre et pour l’Ukraine et pour la Russie est très important, et cela à de multiples points de vue : démographique, économique, politique, etc. Comment pensez-vous que ces deux pays pourront vivre côte à côte à l’avenir ? Quel avenir imaginez-vous pour la Russie ?     

C’est une très bonne question, car la situation ne sera pas simple. Concernant les pertes humaines, j’ai récemment consulté des données officielles : les pertes russes s’élèvent probablement à environ 200 000 personnes, auxquelles s’ajoutent de très nombreux blessés. C’est un chiffre considérable, et c’est un problème majeur, car pour ceux qui ont perdu des proches, la douleur sera profonde et durable. Mais d’un autre côté, il existe un très grand nombre de familles mixtes russo-ukrainiennes, des millions de personnes partageant une identité commune. Ces personnes sont culturellement russes tout en étant originaires d’Ukraine, ou bien ukrainiennes vivant en Russie. Tout est profondément imbriqué. 

Si je pense que les relations finiront par se normaliser dans quelques années, c’est en me fondant sur l’expérience de la guerre civile russe : les gens se sont combattus, ils se sont entretués, et pourtant le pays s’est ensuite réunifié, et ses habitants ont continué à vivre ensemble. Ainsi, malgré l’amertume et les souffrances, je pense qu’avec le temps, les relations entre Russes et Ukrainiens s’apaiseront.

Sur le plan économique, je ne vois pas de catastrophe pour la Russie. Le ralentissement actuel résulte d’un choix délibéré de la Banque centrale russe pour contenir l’inflation. Celle-ci est désormais maîtrisée, mais la croissance reste faible ; l’objectif est donc maintenant de relancer la croissance, et les cibles officielles ont été revues à la hausse. La réorientation vers la Chine a fonctionné. Ce que les Européens ne comprennent pas toujours, c’est qu’après 500 ans de domination ils ne sont plus le centre du monde. Désormais, il n’existe pratiquement rien dont la Russie ait besoin qu’elle ne puisse obtenir de la Chine. Y compris dans les technologies de pointe — semi-conducteurs, robotique, IA — tout est disponible en Chine, parfois dans une qualité supérieure à ce que produisent les Occidentaux. Dans ce contexte, je suis globalement très optimiste quant à l’avenir économique de la Russie.

Le principal défi de la Russie, comme de l’Europe du reste, est démographique. La population russe ne croît pas, ce qui constitue un problème majeur. Néanmoins, je suis plus optimiste pour la Russie que pour l’Europe, dont la démographie est en déclin. Mon optimiste tient au fait que les migrants qui arrivent en Russie proviennent principalement des anciennes républiques soviétiques. Ils sont issus du même espace culturel et sont habitués à des modes de fonctionnement similaires à ceux de la Russie. Lorsqu’ils viennent travailler à Moscou, leur adaptation est beaucoup plus facile que celle de migrants syriens en Allemagne ou pakistanais au Royaume-Uni. Ainsi, en matière d’intégration, la Russie est dans une position relativement favorable. Des millions d’Ouzbeks, de Kazakhs, de Tadjiks et d’autres populations pourraient, à terme, représenter une part très importante de la population. La composition ethnique du pays évoluera, mais ce ne sera pas un problème. La Russie restera un « monde russe », car ce n’est pas l’ethnicité qui compte. Comme l’a dit Vladimir Poutine, être russe, c’est avant tout aimer la Russie.

En définitive, je pense que la Russie s’en sortira. Elle changera peut-être, y compris sur le plan ethnique, mais culturellement et économiquement, elle continuera de se renforcer au fil du temps.

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