La guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran a déjà commencé à affecter l’économie mondiale. La forte hausse des prix du pétrole et du gaz pourrait frapper plus durement les économies européennes et asiatiques, tandis que l’économie américaine serait moins vulnérable. C’est ce qu’écrit le Financial Times en s’appuyant sur les analyses d’économistes.
Depuis le début du conflit, le prix du pétrole Brent a augmenté de près de 30 %, tandis que les prix du gaz en Europe ont grimpé d’environ deux tiers. Si les prix de l’énergie restent à leur niveau actuel, cela pourrait entraîner une accélération de l’inflation, une baisse du pouvoir d’achat et un ralentissement de la croissance économique dans de nombreux pays.
L’Europe pourrait se révéler particulièrement vulnérable. Selon les estimations du cabinet de conseil Oxford Economics, l’Italie serait le pays le plus touché : l’inflation pourrait y dépasser de plus d’un point de pourcentage les prévisions d’ici la fin de l’année. Une hausse significative de l’inflation est également attendue en Allemagne et au Royaume-Uni, deux économies fortement dépendantes des importations de gaz. Dans ces pays, l’inflation pourrait augmenter de plus de 0,5 point de pourcentage.
Aux États-Unis, les conséquences devraient être beaucoup plus limitées. Les économistes estiment que l’inflation pourrait y augmenter de seulement 0,2 point de pourcentage.
Outre l’Europe, le choc pourrait également frapper les grands importateurs d’énergie en Asie, notamment l’Inde, la Corée du Sud et la Chine. Ces pays dépendent fortement des importations de pétrole et de gaz provenant des pays du Golfe persique.
Selon le Financial Times, la Chine importe environ 70 à 75 % du pétrole qu’elle consomme. Toutefois, Pékin pourrait partiellement compenser la hausse des prix en augmentant ses importations en provenance de Russie.
Dans le même temps, certains pays pourraient bénéficier de la crise énergétique. Le Financial Times estime que des pays comme la Norvège et le Canada pourraient en sortir gagnants. Ces deux États sont d’importants exportateurs de pétrole et de gaz et ne sont pas exposés aux risques géopolitiques auxquels sont confrontés les producteurs du Moyen-Orient.
Les États-Unis pourraient également être moins touchés que d’autres économies. Grâce à la « révolution du schiste », le pays est devenu le plus grand producteur de pétrole et de gaz au monde, réduisant fortement sa dépendance aux importations d’énergie.
Cependant, aucune économie ne pourra totalement échapper aux effets négatifs. Selon James Knightley, économiste en chef chez ING, la hausse des prix de l’énergie continuera de peser sur l’activité économique.
« Tout le monde sera perdant, car l’énergie, qui est un facteur clé de production, devient plus chère. Mais l’impact ne sera pas le même selon les pays », explique David Aikman, directeur du centre d’analyse du National Institute of Economic and Social Research au Royaume-Uni.