La nouvelle grande guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran a débuté par l’élimination du Guide suprême de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei. Selon des sources des services de renseignement américains et israéliens, citées par Axios, The New York Times et The Wall Street Journal, c’est précisément la possibilité de décapiter le système de commandement à Téhéran qui a constitué l’argument décisif en faveur du lancement de l’opération de grande envergure le 28 février.
La préparation de la frappe a duré environ deux mois. Parallèlement, Washington menait des négociations avec Téhéran en vue d’un nouvel accord nucléaire. Officiellement, le processus diplomatique semblait crédible : des rencontres se tenaient à Oman et à Genève, les paramètres de limitations étaient discutés et des déclarations évoquaient de « réels progrès ». Cependant, à la mi-février, l’administration de Donald Trump est parvenue à la conclusion que la partie iranienne cherchait à gagner du temps. Selon les interlocuteurs d’Axios, les responsables américains ont estimé que les propositions de Téhéran visaient à préserver la possibilité d’accélérer ultérieurement le développement du potentiel nucléaire. Les négociations ont servi de test : l’Iran était-il prêt à renoncer à l’enrichissement d’uranium, à limiter son programme balistique et à réduire son soutien à ses alliés régionaux ? Sur chacun de ces points, un compromis s’est révélé impossible. Dans le même temps, les services de renseignement faisaient état d’une fenêtre opérationnelle favorable. La situation politique intérieure en Iran demeurait tendue après les vastes manifestations de la fin de l’année 2025 ; l’appareil sécuritaire était mobilisé, mais le système de gouvernance montrait des signes de surcharge.
Selon The New York Times, le renseignement américain suivait depuis plusieurs mois les déplacements du Guide suprême, s’appuyant sur un réseau d’agents mis en place lors du précédent conflit. Une semaine avant la frappe, il a été établi que Khamenei tiendrait le 28 février une réunion planifiée dans un complexe gouvernemental de Téhéran. Le même jour, deux autres rencontres de hauts responsables du bloc sécuritaire devaient également se tenir dans la capitale.
Initialement prévue de nuit, l’attaque a été avancée au matin en raison du calendrier de la réunion. Des chasseurs israéliens ont décollé vers six heures. Un peu plus de deux heures plus tard, vers 9h40 heure locale, des munitions de précision à longue portée ont frappé le complexe. Selon The Wall Street Journal, une trentaine de bombes auraient été larguées sur la résidence du Guide suprême. Outre Khamenei, des membres du haut commandement militaire, y compris des responsables du Corps des gardiens de la révolution islamique, auraient été visés. Le commandement israélien a par la suite affirmé avoir obtenu un « effet de surprise tactique », bien que l’Iran s’attendît à une possible escalade.
D’après les sources au sein de la communauté du renseignement, l’objectif de l’opération ne consistait pas tant à détruire des infrastructures qu’à paralyser la prise de décision. L’élimination du Guide suprême devait provoquer un choc de gouvernance, accélérer la lutte pour la succession et réduire la coordination des structures régionales liées à Téhéran. À Washington comme à Jérusalem, on espérait que le premier jour de la guerre constituerait un tournant stratégique.
Pourquoi frapper précisément maintenant ? Selon la version avancée par les sources américaines et israéliennes, la décision résulte d’une convergence de facteurs : l’échec des négociations, des signes d’accélération du programme nucléaire, l’augmentation de la production de missiles et une opportunité de renseignement unique. La fenêtre permettant l’élimination du dirigeant pouvait se refermer à tout moment. Un report de la réunion, un changement d’itinéraire ou un repli dans un bunker sécurisé auraient pu rendre l’opération impossible.