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Bloomberg : L’Europe discute pour la première fois depuis la fin de la guerre froide de la création de ses propres forces de dissuasion nucléaire

Bloomberg : L’Europe discute pour la première fois depuis la fin de la guerre froide de la création de ses propres forces de dissuasion nucléaire

Les pays européens débattent pour la première fois depuis la fin de la guerre froide de la mise en place d’un système autonome de dissuasion nucléaire, sur fond de doutes croissants quant à la fiabilité des garanties de sécurité américaines, rapporte Bloomberg en citant des sources.

À l’heure actuelle, la sécurité de l’Europe est assurée par le « parapluie nucléaire » des États-Unis, un dispositif de garanties stratégiques comprenant des armes américaines déployées sur le territoire européen. En Europe, seuls France et Royaume-Uni disposent de leur propre arsenal nucléaire.

Selon l’agence, le président français Emmanuel Macron pourrait prochainement proposer d’étendre la protection offerte par les forces françaises de dissuasion nucléaire à d’autres pays européens. Une telle annonce pourrait être faite lors de la Conférence de Munich sur la sécurité ou plus tard en février. Par la suite, le chancelier allemand Friedrich Merz a confirmé avoir entamé des discussions avec Paris sur un éventuel modèle de dissuasion nucléaire européenne.

Comme le souligne Bloomberg, remplacer le « parapluie » américain par un dispositif fondé sur les capacités françaises pourrait représenter un défi financier pour de nombreux pays de la région. En 2025, les États membres de l’Union européenne et le Royaume-Uni ont déjà consacré plus de 530 milliards de dollars à la défense, principalement pour renforcer leurs capacités conventionnelles.

Selon les estimations, la France et le Royaume-Uni disposent ensemble d’environ 400 ogives déployées. À titre de comparaison, les États-Unis en comptent environ 1 670, un chiffre susceptible d’augmenter après l’expiration du traité New START. La Russie et les États-Unis conservent toutefois une supériorité écrasante dans l’équilibre nucléaire mondial.

D’après les données du Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), au début de 2025, neuf États dotés de l’arme nucléaire : les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France, la Chine, l’Inde, le Pakistan, la Corée du Nord et Israël, détenaient au total 12 241 ogives. Environ 9 614 d’entre elles seraient potentiellement opérationnelles, et près de 2 100 seraient maintenues en état d’alerte élevée.

Des sources de l’agence indiquent que, théoriquement, certains États européens pourraient mettre en place l’infrastructure nécessaire à la production d’armes nucléaires. Cela impliquerait toutefois la construction de centrales nucléaires, d’installations coûteuses d’enrichissement de l’uranium et une volonté politique de reconsidérer les engagements en matière de non-prolifération.

Dans le même temps, le président Donald Trump n’a pas publiquement remis en cause le principe du parapluie nucléaire américain, et les appels de Washington à ses alliés européens portent principalement sur l’augmentation des dépenses consacrées aux armements conventionnels.

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