L’entourage de Donald Trump ignorait jusqu’au dernier moment si un cessez-le-feu avec l’Iran serait conclu. Les négociations se sont déroulées dans un climat d’extrême incertitude, les décisions clés étant prises dans un cercle restreint et souvent à la dernière minute. Axios révèle les coulisses de la manière dont Washington et Téhéran sont parvenus à un accord temporaire de cessation des hostilités.
Alors que Trump menaçait publiquement l’Iran de détruire « toute une civilisation », un intense processus diplomatique se déroulait en arrière-plan. Selon des sources du média, même les membres les plus proches de l’entourage du président américain ne comprenaient pas vers quelle issue les négociations allaient aboutir. Pour la première fois, le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, s’est impliqué activement dans ce processus. Pour des raisons de sécurité, il a largement évité les contacts directs, transmettant ses décisions par notes et par l’intermédiaire de messagers, mais sa position s’est révélée décisive.
Dans le même temps, le Pentagon et les forces américaines au Moyen-Orient se préparaient à une opération d’envergure contre les infrastructures iraniennes. Selon Axios, l’ordre d’annuler la frappe n’a été donné que quelques heures avant l’expiration de l’ultimatum fixé par Trump.
Le moment clé est intervenu le 6 avril. Tandis que le président américain participait à des événements publics à la Maison-Blanche, son émissaire spécial, Steve Witkoff, menait des discussions tendues par téléphone. Il a qualifié la proposition initiale de l’Iran de « catastrophe » et de « désastre », ce qui a déclenché une série de révisions.
Les canaux pakistanais ont servi de médiateurs, transmettant les nouvelles propositions au ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Parallèlement, des diplomates égyptiens et turcs tentaient d’aplanir les divergences. En soirée, les parties se sont rapprochées d’un compromis — un cessez-le-feu de deux semaines — mais la décision finale revenait à Khamenei.
Le matin du 7 avril, des progrès ont été enregistrés, sans pour autant freiner la rhétorique de Trump, qui a de nouveau menacé l’Iran de destructions massives, évoquant une possible frappe dans la nuit du 8 avril. Au même moment, le vice-président américain JD Vance, en visite en Hongrie, poursuivait les discussions par téléphone, principalement avec la partie pakistanaise.
À la mi-journée du 7 avril, un « accord de principe » a émergé entre les parties. Quelques heures plus tard, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a publiquement appelé Trump à repousser son ultimatum, et l’Iran à rouvrir le détroit d’Ormuz. Selon Axios, la situation restait alors extrêmement chaotique : de nombreux interlocuteurs récents de Trump étaient convaincus qu’il rejetterait l’offre.
Le président américain a pourtant choisi d’accepter le cessez-le-feu. Peu avant l’annonce officielle, il s’est entretenu avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu afin d’obtenir son engagement à respecter les termes de l’accord. Un contact avec les autorités militaires pakistanaises a suivi, scellant définitivement l’accord. Quinze minutes après la publication de son message, les forces américaines ont reçu l’ordre de se retirer.
Selon les sources d’Axios, le « feu vert » de Khamenei a été déterminant : toutes les décisions majeures ont transité par lui, et sans son approbation, aucun accord n’aurait été possible. Son état de santé reste toutefois incertain, compte tenu des informations évoquant une possible maladie.
Les États-Unis et l’Iran se préparent désormais à un nouveau cycle de مذاکرات officielles. Toutefois, comme l’a souligné Vance, le cessez-le-feu demeure « fragile ». Des divergences persistent au sein même de l’appareil iranien concernant le dialogue avec Washington, tandis que les désaccords entre les deux pays restent profonds.
Malgré cette désescalade temporaire, le risque d’une reprise du conflit demeure élevé.