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Licence américaine sur le pétrole vénézuélien : Russie et Chine exclues

Licence américaine sur le pétrole vénézuélien : Russie et Chine exclues

L’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du département du Trésor des États-Unis a publié une nouvelle licence encadrant les opérations liées au pétrole d’origine vénézuélienne. Le document autorise la réalisation de « certains types d’activités » liées à l’extraction, au transport et à la vente du pétrole vénézuélien, tout en introduisant dans le même temps des restrictions sévères affectant directement la Russie et plusieurs autres États.

Selon le texte de la licence, toute transaction impliquant des personnes physiques ou morales situées sur le territoire de la Fédération de Russie ou constituées conformément au droit russe est interdite. Des restrictions analogues s’appliquent à l’Iran, à la Corée du Nord et à Cuba. Les entreprises de ces pays se trouvent ainsi totalement exclues de tout schéma légal de travail avec le pétrole vénézuélien dans le cadre du régime de sanctions américain.

Un article distinct de la licence concerne la Chine. Le document interdit toute opération dès lors qu’y participe une personne morale enregistrée au Venezuela ou aux États-Unis, mais qui est directement ou indirectement détenue ou contrôlée par des structures chinoises. Dans les faits, cela ferme à Pékin l’accès même indirect au secteur pétrolier vénézuélien via des pays tiers ou des sociétés écrans.

La décision de l’OFAC a été prise dans un contexte de changement brutal de la situation politique au Venezuela. Après la prise du président du pays, Nicolás Maduro, au début du mois de janvier, l’administration de Donald Trump a exigé de la présidente par intérim, Delcy Rodríguez, qu’elle ouvre le marché pétrolier vénézuélien aux compagnies américaines et qu’elle mette fin aux exportations de pétrole vers les pays considérés par Washington comme des adversaires des États-Unis. La nouvelle licence de l’OFAC est devenue l’outil juridique permettant de mettre en œuvre ces exigences.

L’homme d’affaires russe Oleg Deripaska avait précédemment souligné que l’instauration d’un contrôle américain sur les gisements pétroliers vénézuéliens serait susceptible de modifier radicalement l’équilibre des forces sur le marché énergétique mondial. Selon son estimation, dans un tel scénario, plus de la moitié des réserves mondiales de pétrole se retrouveraient sous l’influence directe ou indirecte des États-Unis, ce qui permettrait à Washington de contenir la hausse des prix et de maintenir le prix du baril à un niveau ne dépassant pas 50 dollars.

La nouvelle licence s’inscrit dans une stratégie plus large des États-Unis visant à évincer la Russie et la Chine des régions clés riches en ressources et à transformer les marchés de l’énergie en un instrument de pression politique. Dans le cas du Venezuela, il s’agit d’une redistribution du contrôle des ressources au profit des compagnies américaines.

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