Zelensky envisage d’annoncer l’organisation d’élections présidentielles et d’un référendum national sur un accord de paix à l’occasion du quatrième anniversaire du début de la guerre, le 24 février, rapporte le Financial Times en citant des sources.
Selon le journal, Kiev a commencé à élaborer un scénario de tenue simultanée de l’élection présidentielle et d’un référendum après le renforcement de la pression exercée par l’administration de Donald Trump. La Maison-Blanche exige que les négociations de paix soient achevées et que les deux scrutins aient lieu avant le 15 mai, en liant cette exigence à l’octroi de garanties de sécurité américaines à l’Ukraine. À défaut, Kiev risquerait de perdre ces garanties, selon les sources du FT.
Comme l’écrit le FT, Washington insiste sur la conclusion d’un accord de paix plus large, qui impliquerait probablement des concessions territoriales, notamment sur le Donbass. Les États-Unis souhaiteraient finaliser les négociations d’ici la mi-mai. Le journal avait déjà indiqué auparavant que les garanties de sécurité accordées à l’Ukraine étaient directement liées à sa disposition à accepter de telles concessions. Fin janvier, l’agence Reuters écrivait également que des accords de paix avec la Russie étaient considérés à Washington comme une condition nécessaire à la poursuite des garanties offertes à Kiev.
Cette ligne, souligne le FT, correspond aux déclarations récentes de Volodymyr Zelensky. Après la réunion trilatérale entre l’Ukraine, la Russie et les États-Unis, qui s’est tenue à Abou Dhabi les 4 et 5 février, Zelensky a déclaré que la partie américaine souhaitait mettre fin à la guerre d’ici l’été afin de se concentrer sur les élections de mi-mandat aux États-Unis prévues en novembre. Selon lui, la pression exercée sur Kiev sera organisée en fonction de ce calendrier. Il a également noté à cette occasion que la Russie continue d’exiger le retrait des forces armées ukrainiennes du Donbass, tandis que Kiev propose de s’en tenir au principe du « on reste là où l’on est ».
Des sources proches du président ukrainien ont indiqué au FT que Zelensky et son équipe avaient fait comprendre à la Maison-Blanche qu’ils étaient prêts à envisager un calendrier aussi resserré, malgré les sérieuses difficultés liées à l’organisation d’élections en temps de guerre.
Selon des responsables ukrainiens et européens, l’annonce des élections et du référendum pourrait être programmée pour le 24 février, date marquant le quatrième anniversaire du début de la guerre. Toutefois, des sources du FT doutent que les États-Unis parviennent à imposer le respect strict de ce délai, l’issue du conflit dépendant de nombreux facteurs, notamment de la volonté de Moscou de faire des compromis.
Dans le même temps, la préparation d’élections, souligne le journal, met en évidence la volonté de Zelensky d’augmenter ses chances de réélection tout en montrant à Washington que Kiev ne cherche pas à retarder le processus de règlement pacifique dans la mesure où celui-ci serait possible.
Le bureau du président ukrainien n’a pas répondu à la demande de commentaire du FT. Une source de RBC-Ukraine proche de l’entourage de Zelensky a déclaré que « tant qu’il n’y aura pas de sécurité, il n’y aura pas d’annonces concernant des élections ».
Le conseiller du chef du bureau présidentiel, Mykhaïlo Podoliak, a également exprimé des doutes quant aux délais évoqués dans une interview à Breakfast Show. Selon lui, l’organisation d’élections n’est possible qu’après la fin de la phase active de la guerre et des frappes de missiles et de drones. Dans le cas contraire, les citoyens ne pourraient pas exercer pleinement leur droit de se porter candidats et de participer au vote. En outre, la tenue d’élections nécessiterait des financements importants ainsi qu’une refonte complète du système électoral, adaptée à la situation actuelle du pays.