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Pourquoi les prix de l’or et de l’argent se sont-ils effondrés ? Que peut-on attendre des métaux précieux ?

La semaine dernière a marqué un tournant pour le marché des métaux précieux. Le vendredi 30 janvier, l’argent a chuté de près de 36 % en une seule séance, enregistrant la plus forte baisse journalière de toute son histoire. L’or, de son côté, a perdu plus de 9 %, un recul d’une ampleur inédite depuis plus de dix ans. À l’ouverture des marchés le 2 février, la tendance s’est poursuivie. En conséquence, les cours de l’or sont retombés autour de 4 400 dollars l’once, alors que quelques jours plus tôt encore, ils se rapprochaient d’un record historique proche de 5 600 dollars.

Pourquoi la chute a-t-elle été aussi brutale ?

Comme souvent dans ce type de situation, il n’existe pas une cause unique. L’ampleur du repli s’explique avant tout par la vigueur du rallye précédent. Ces derniers mois, l’or et l’argent ont été parmi les principaux bénéficiaires de l’incertitude politique et monétaire, renforcée par le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Les craintes liées à d’éventuels conflits commerciaux et à la solidité du dollar américain ont soutenu la demande pour les actifs refuges. Plusieurs banques centrales ont intensifié leurs achats de métaux précieux afin de diversifier leurs réserves, contribuant ainsi à la hausse des prix. Le marché s’est progressivement retrouvé en situation de surchauffe.

Quel a été le déclencheur ?

Le catalyseur a été la décision de Donald Trump de proposer Kevin Warsh au poste de président de la Réserve fédérale américaine. Ancien membre du Conseil des gouverneurs de la Fed entre 2006 et 2011, Warsh est connu pour sa position ferme en matière de lutte contre l’inflation. Son approche est largement comparable à celle de l’actuel président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, que Trump avait pourtant critiqué pour son excès de prudence. Cette nomination a été interprétée par les marchés comme un signal de continuité de la politique monétaire plutôt que de rupture. Elle a contribué à apaiser les inquiétudes concernant la stabilité du dollar, jusque-là fragilisé par la rhétorique politique de la Maison-Blanche, et a entraîné une réallocation hors des actifs refuges.

Pourquoi cela a-t-il pénalisé l’or et l’argent ?

La hausse des métaux précieux reposait en grande partie sur un pari contre le dollar. Dès lors que la confiance dans la monnaie américaine a commencé à se rétablir, la nécessité de conserver des actifs de protection s’est nettement réduite. Les analystes de Commerzbank, cités par l’agence Bloomberg, soulignaient que le marché attendait depuis longtemps un prétexte pour prendre ses bénéfices après une envolée rapide des prix. La décision de Trump sur la direction de la Fed a fourni ce signal.

Un nouveau cycle de hausse est-il possible ?

À court terme, la volatilité sur le marché des métaux précieux devrait se maintenir. Néanmoins, des facteurs structurels, notamment l’incertitude géopolitique persistante et le niveau élevé de l’endettement mondial, continuent de soutenir l’attrait de l’or en tant qu’actif de réserve. Les analystes de Deutsche Bank ont précédemment estimé que le prix de l’or pourrait approcher les 6 000 dollars l’once d’ici 2026.

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