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Le pessimisme sur l’avenir de l’Europe progresse

Les habitants des pays européens reconnaissent de plus en plus que le sentiment de stabilité appartient au passé. Selon un sondage de FGS Global mené en novembre auprès de plus de 11 000 personnes dans 23 pays de l’Union européenne, près des deux tiers des répondants estiment que « les meilleures années de l’Europe sont derrière elle », et 77 % sont convaincus que la prochaine génération vivra plus difficilement. C’est ce qu’écrit le média Politico. Nous analysons quelles sont aujourd’hui les principales humeurs en Europe et ce qui inquiète le plus ses habitants.

Méfiance envers la démocratie et désillusion vis-à-vis du pouvoir

L’une des principales sources d’inquiétude des Européens concerne l’état de la démocratie. 76 % des participants au sondage ont déclaré estimer que la démocratie dans leur pays est en déclin. Les jugements les plus pessimistes sont particulièrement répandus en Europe occidentale et centrale. Dans l’ensemble des pays sondés, plus de 70 % des répondants affirment être en droit d’attendre davantage de leurs gouvernements. Au moins la moitié des personnes interrogées considèrent que le système politique existant « trahit les citoyens et nécessite une réforme fondamentale ». Les taux de mécontentement les plus élevés ont été enregistrés en Roumanie (91 %), en Grèce (88 %) et en Bulgarie (86 %). Dans les pays scandinaves, les évaluations sont nettement plus modérées, note Politico.

Par ailleurs, dans la majorité des pays de l’UE, plus de 50 % des répondants estiment que leur État évolue dans la mauvaise direction. Cette opinion est la moins répandue en Lituanie (38 %), en Pologne (46 %) et au Danemark (48 %).

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Guerre, sécurité et pressions extérieures

Les facteurs extérieurs ont une forte influence sur l’opinion publique. La guerre entre la Russie et l’Ukraine, qui dure depuis plusieurs années, a rappelé à l’Europe que l’ère de la sécurité est révolue. Dans le même temps, les tensions avec les États-Unis s’intensifient, notamment dans le contexte de la politique dure et imprévisible du président américain Donald Trump.

Politico souligne que la Lituanie et la Pologne, qui bordent la Russie, ainsi que le Danemark, soumis à des pressions de la part des États-Unis en raison du statut du Groenland, affichent un niveau de pessimisme plus faible. Dans ces pays, le sentiment de menace fait depuis longtemps partie de la réalité politique, et les sociétés se sont adaptées plus rapidement aux nouvelles conditions.

Vision de l’avenir

63 % des personnes interrogées ont déclaré que les meilleures années de leur pays sont déjà derrière lui. Dans le même temps, 77 % estiment que la vie de la prochaine génération sera plus difficile sur les plans économique, social et sécuritaire. Les Européens croient de moins en moins que leurs enfants vivront mieux qu’eux. Politico note que ces résultats témoignent d’un faible niveau de confiance dans les systèmes politiques et de doutes quant à leur capacité à répondre efficacement aux défis majeurs.

Dans un contexte de désillusion à l’égard des institutions, la demande pour des actions plus résolues s’intensifie. 71 % des répondants estiment que leurs pays doivent défendre plus activement leurs intérêts nationaux, même si cela entraîne des tensions avec d’autres États. La majorité des participants au sondage soutient également une augmentation des dépenses de défense : 57 % se sont prononcés en faveur d’une hausse des budgets militaires. En Pologne, ce chiffre atteint 82 %, ce qui reflète un niveau élevé d’inquiétude en matière de sécurité.

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Attitude à l’égard de Trump

Le sondage a été mené en novembre 2025, avant un nouveau cycle de tensions entre l’Europe et les États-Unis autour du Groenland. Néanmoins, dès cette période, l’attitude à l’égard de Donald Trump en Europe était majoritairement négative. Environ deux tiers des répondants ont déclaré avoir une vision pessimiste de l’impact qu’il pourrait avoir en 2026 sur l’économie mondiale (69 %), la sécurité internationale (64 %) ainsi que sur la situation dans leur propre pays (64 %).

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Même parmi les partisans des partis populistes de droite, que Donald Trump considère comme ses alliés, il demeure largement impopulaire. 77 % des personnes interrogées ont affirmé qu’il ne méritait pas le prix Nobel de la paix.

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